Suivant les interlocuteurs, les filles de Gerland peuvent être appelées soit travailleuses du sexe, soit prostituées.
Le terme le plus commun et le plus ancien, celui de prostituée, est utilisé par les associations abolitionnistes (qui veulent « abolir » la prostitution) et, en règle générale, par les politiques. Il est le plus présent dans le langage courant.
Apparue plus récemment, la locution « travailleuse du sexe » est davantage utilisée par les associations communautaires d’aide aux prostituées « TDS », ou d’autres associations militantes.
Ces vocabulaires différents renvoient à deux imaginaires bien distincts. Avec le premier, on établit que ce travail du corps est généralement une contrainte. Avec le deuxième, on entend que celui-ci peut-être choisi. De ce fait, il implique également des revendications liées à un travail « classique » pour les travailleurs (demande d’une Sécurité sociale, mutuelle, d’une retraite, etc.). À Rue89Lyon, nous avons décidé d’utiliser le terme « choisi » par notre interlocuteur. Pour nous, il paraît évident que les principaux et principales concerné·es par un sujet puissent se définir comme ils et elles le souhaitent.