Le collectif Solidarité entre femmes à la rue va-t-il vivre une énième expulsion à partir cette fin de semaine ? Les 80 femmes sans-abri occupantes du squat 40 quai Arloing (Lyon 9e) en sauront plus à l’issu de l’audience se tenant ce vendredi 23 août au tribunal judiciaire de Lyon (Lyon 3e). En soutien, le collectif a lancé un appel à se rassembler le même jour, à 9 h, devant le tribunal.
Depuis le 19 juillet, 80 femmes sans-abri, accompagnées de leurs enfants, toutes issues du collectif, occupent le bâtiment. La menace d’une expulsion avait plané lorsque le 26 juillet, le bailleur social Grand Lyon habitat, propriétaire du bâtiment, avait assigné en justice le collectif. Le tribunal judiciaire de Lyon avait alors accordé le renvoi du procès au 23 août. Le temps pour le collectif et ses membres de préparer leur défense avec Me Baptiste Bruggeman, l’avocat en charge du dossier.
« Ce bâtiment appartenant à la Métropole a été laissé à l’abandon, puis squatté, puis évacué pour un projet immobilier… La Métropole l’a alors vendu au bailleur Grand Lyon Habitat, pour qu’il reste vide encore 2 ans ! », dénonce le collectif dans un communiqué.
Un rassemblement pour ne pas « retourner dans la rue »
L’action menée par le collectif a fait suite à la décision de la Métropole qui a annoncé, le 15 juillet dernier, qu’elle arrêterait temporairement la prise en charge de nouvelles nuits d’hôtels pour les femmes isolées avec des enfants de moins de trois ans. Elle intervient dans un contexte de tensions entre la Métropole de Lyon et l’État sur la répartition des compétences.
Le collectif justifie cette occupation « parce qu’on n’a pas d’autres solutions, et pour montrer que pleins de bâtiments sont vides et inutilisés alors qu’énormément de personnes dorment dehors », rappelle-t-il dans son communiqué. Parmi les 200 femmes que compte le collectif Solidarité entre femmes à la rue, seules 80 d’entre elles ont pu pénétrer et occuper les lieux. Dans la métropole, ce sont 14 000 personnes qui sont encore en attente d’un hébergement.
Par ce rassemblement, le collectif entend rappeler que la situation reste compliquée : « Nous avons besoin de délais pour obtenir des solutions pour toutes. Nous ne voulons pas être expulsées et retourner dans la rue ! » La justice et la Métropole entendront-ils cet appel et les voix de la manifestation ? Éléments de réponse cette fin de semaine.

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