Le collectif Solidarité entre femmes à la rue organise un rassemblement ce mercredi à 16 h 30, place Ambroise-Courtois (Lyon 8e), pour demander « l’organisation d’une réunion avec l’État, les mairies, la Métropole et les collectifs mobilisés » mais aussi « des solutions d’hébergement pérennes pour tous·tes les membres du collectif et toutes les personnes à la rue ».
Ce rassemblement fait suite à l’expulsion, vendredi 3 mai, du gymnase Dargent (Lyon 3e) que le collectif avait décidé d’occuper. Une soirée décrite comme « traumatisante » par le collectif. Des femmes et des enfants s’étaient retrouvé·es à la rue en pleine nuit, comme Rue89Lyon l’avait documenté.
« On a mal dormi parce qu’on avait nulle part où aller. Les enfants tombent malades, certaines ont dormi dans des abribus, des parcs, dans le métro », s’indigne le collectif dans son communiqué.
À Lyon, les collectifs dénoncent les expulsions et menaces d’évacuation de squats
Ce rassemblement se déroule alors qu’une série d’expulsions a eu lieu ces derniers jours à Lyon. Pour faire face à l’expulsion imminente du squat Le Casse Dalle (Lyon 3e), un nouveau lieu avait été ouvert rue bonhomme. Ce dernier a fait l’objet d’une double expulsion. D’abord le vendredi 3 mai, le même jour que pour le gymnase Dargent. Puis de nouveau le mardi 6 mai.
Le collectif Droit au logement 69 (Dal) conteste la légalité de ces expulsions. Une audience en référé est prévue mardi, à 14 h 30 au tribunal administratif. En soutien, Dal 69 appelle par la même occasion à un rassemblement.
« Nous avons pu compter sur la solidarité des lieux amis, le Casse-Dalle et l’Annexe [Espace Communal de la Guillotière, ndlr], qui nous ont soutenues, accueillies et réconfortées, alors qu’ils sont eux-mêmes expulsables. Nous savons qui sont nos vrai·es allié·es et leur adressons toute notre solidarité », déclare le collectif solidarités entre femmes à la rue via un communiqué.
En France, l’hébergement d’urgence est un droit inconditionnel devant être assuré par l’État, via les préfectures. La protection de l’enfance est confiée à la Métropole de Lyon qui s’occupe des mineur·es non accompagné·es (MNA), des femmes enceintes et des mères isolées avec enfant de moins de trois ans ayant besoin d’un soutien matériel et psychologique.
La Ville, dirigée par une majorité écologiste et de gauche, menait jusqu’en 2022 une politique plutôt volontariste en matière d’hébergement d’urgence. Mais, confronté à ses propres limites et mettant en avant le fait de ne pas être compétente sur ce sujet, elle s’est engagée dans un bras de fer politique avec l’État et la Métropole pour les pousser à respecter leurs responsabilités en matière de mise à l’abri. La mairie de Lyon a décidé, avec d’autres villes, d’attaquer l’État en justice le 15 février dernier.
Le collectif dénonce ainsi l’ambiguïté dont ferait preuve la ville de Lyon à ce sujet.
« La mairie entretient un rapport ambigu avec l’Etat, le poursuivant en justice pour défaillance sur la question de l’hébergement d’urgence, puis le sollicitant pour dépêcher la police nationale au gymnase Dargent afin de procéder à l’expulsion de notre collectif. »
Pour rappel, plus de dix milles personnes sont toujours en attente d’une place en hébergement d’urgence dans la métropole de Lyon.

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