« Université en lutte ! » « De l’argent, pour les fac et l’éduc, pas pour l’armée et les patrons » « Augmentez les salaires pour boucler les fins de mois ! »…
Ce mardi 19 mars, il y avait comme un air de printemps social à Lyon. Répondant à l’appel d’une large intersyndicale, des manifestant·es en tout genre se sont retrouvé·es pour défendre la fonction publique.
Pas de passage par le cours Gambetta cette fois-ci. Ce mardi, les syndicats ont privilégié un parcours (plus court) menant de la place Jean-Macé (Lyon 7e) à la préfecture (Lyon 3e). Selon les organisateurs, 2500 personnes ont marché pour demander de meilleurs moyens pour travailler et étudier.



Une mobilisation à Lyon contre une austérité annoncée
Parmi eux : beaucoup d’étudiants, de lycéens et de professeurs… Pour cause, pour certains l’enjeu était double : manifester contre les économies demandées par le ministre de l’économie Bruno Le Maire (Renaissance) mais aussi contre la réforme des groupes de niveau, voulue par le premier ministre, Gabriel Attal (Renaissance).
Le long d’un cortège très étendu (et un peu clairsemé à certains endroits) on a retrouvé toutes les caractéristiques des grands cortèges de la réforme des retraites. Un (mini) bloc à l’avant, un service d’ordre de l’intersyndical, une forte présence de la CGT, des membres de FO mais aussi, en fin de cortège, des membres de la CFDT. L’un des restes du mouvement de 2023 : ces derniers ont toujours leur place, en fin de cortège.
Pour rappel, le gouvernement a déjà annoncé début mars des économies à réaliser sur les budgets de l’État et de la Sécurité sociale, qui devront atteindre « au moins 20 milliards d’euros » en 2025. Fin février, l’exécutif avait également annoncé un rabot sur les dépenses de l’État de l’ordre de 10 milliards d’euros après que Bercy a abaissé sa prévision de croissance à 1% pour 2024.

Mobilisation à Lyon contre les « groupes de niveau »
La journée avait commencé (très) tôt dans plusieurs établissements scolaires de Lyon. Le collège Gisèle-Halimi (Lyon 7e), notamment, avait annoncé une journée de lutte contre la mise en place des « groupes de niveau ». Dans une lettre ouverte aux parents, les enseignants dénoncent une réforme « mal pensée ».
Parmi les conséquences de cette réforme, selon eux : la création d’un « sentiment d’humiliation et de découragement des élèves des groupes dits « faibles », l’accroissement des inégalités, les tensions croissantes entre les élèves des différents groupes, les tensions entre l’institution et les parents sur la composition des groupes et leur évolution, etc. »
Une réforme d’autant plus décriée que, en l’état des moyens alloués aux établissements, les « petits groupes » devant être créés seraient en réalité des groupes de 20, 25… Voire 30 personnes. Au collège Clémenceau (Lyon 7e), plus d’un tiers des enseignants se sont également mobilisés contre la réforme.
Cette mobilisation fait échos aux nombreuses opérations « collège mort » ayant eu lieu aux collèges des Iris, à Villeurbanne, et à celui de Paul-Eluard, à Vénissieux (notamment). Dans ceux-ci, classés REP+, les parents craignaient une fermeture de classes. D’autres mouvements pourraient avoir lieu dans les semaines à venir.

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