Huit membres présumés de l’extrême droite ont été interpellés mardi 6 février à Lyon et placés en garde-à-vue, dans le cadre de l’enquête sur l’attaque d’un local associatif du Vieux-Lyon. L’une des garde-à-vue a été levée dans la journée, mais « les sept autres se poursuivent », a précisé le parquet de Lyon, contacté par Rue89Lyon, à la suite d’une information de la Tribune de Lyon.
Ce vaste coup de filet fait suite à la violente attaque menée par l’extrême-droite lyonnaise dans le quartier Saint-Geroges (Lyon 5e), le 11 novembre dernier. À l’occasion d’une conférence sur la Palestine, une quarantaine de militants vêtus de noir, pour certains armés de barres de fer et cagoulés, avaient effectué une « descente » à la maison des Passages, blessant sept personnes, dont trois grièvement.
Vidéo de l’intérieur de la conférence du Collectif Palestine 69 dans le Vieux-Lyon avec de nombreuses personnes âgées assiégés par les fascistes armés.
— Raphaël Arnault (@ArnaultRaphael) November 11, 2023
« Heureusement » que la préfecture a interdit aux antifascistes de manifester dans ce quartier cet après-midi… pic.twitter.com/fSbNB0cI4x
Les assaillants avaient lancé des mortiers sur le bâtiment, brisant les vitres du local. Un individu a rapidement été interpellé à proximité des lieux, en possession d’une batte de baseball en bois, d’un poing américain, d’un protège-dents et de deux serflex. Il a depuis été placé en détention provisoire.
Des proches de Lyon Populaire parmi les interpellés ?
L’attaque a été revendiquée sur le réseau social Telegram par le groupe informel appelé « Guignol Squad », rassemblant plusieurs mouvance de l’ultra-droite lyonnaise. Mais Rue89Lyon avait mis en évidence la proximité du jeune homme interpellé avec Lyon Populaire, un groupuscule lyonnais d’extrême-droite connu pour ses actions violentes en ville. Son leader, Eliot Bertin, a été impliqué dans plusieurs rixes contre des militants antifascistes, mais aussi lors d’un match de football France-Suisse, rue Mercière, en juin 2021.
Contacté sur l’éventuelle présence d’Eliot Bertin parmi les interpellés, le parquet de Lyon n’a pas répondu à nos sollicitations, pas plus que la direction départementale de la sécurité publique (DDSP), qui nous a renvoyé… vers le parquet. Selon l’AFP, des agents de l’antiterrorisme auraient participé aux interpellations. Pour autant, le parquet national anti-terroriste n’a rien à voir avec l’enquête.
Selon nos informations, des proches de Lyon Populaire font partie des huit personnes interpellées. Ces interpellations ont eu lieu le même jour que la condamnation à de la prison ferme de deux identitaires lyonnais, dont l’ancien leader des Remparts Sinisha Milinov, pour une agression raciste à proximité de la place des Terreaux (Lyon 1er).
Grégory Doucet demande la dissolution des Remparts, tête de pont de l’extrême droite radicale à Lyon
La date de ces deux événements, a priori sans lien apparent, n’est pas anodine. Le 6 février est l’une des commémorations majeures de l’extrême-droite, notamment royaliste. 90 ans plus tôt, le 6 février 1934, des ligues d’extrême-droite ont menacé de marcher sur l’Assemblée nationale, dans un contexte de fort anti-parlementarisme. Ces émeutes ont été sévèrement réprimées. Triste anniversaire.
Alors que le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé, dans la journée du mercredi 7 février, la dissolution du bar identitaire lillois la Citadelle, le maire de Lyon Grégory Doucet a une nouvelle fois demandé une sanction similaire pour les Remparts. Sera-t-il entendu ?
Quid des "Remparts" à #Lyon, dont l’un des anciens membres vient d’être condamné ?
— Grégory Doucet (@Gregorydoucet) February 7, 2024
Nous étions plusieurs élus de tous bords à vous alerter sur les dangers que représente cette association pour les Lyonnais et la République. https://t.co/bH2sIxdVD2

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