Après Paris, Nantes, Londres, Oslo, Lyon, mais aussi Oullins, Ecully, Couzon-au-Mont-d’Or ou encore Poleymieux… Villeurbanne s’apprête à limiter la vitesse à 30 km/h dans toute la commune. La deuxième plus grande ville du département rejoint donc sa voisine lyonnaise, qui applique cette limitation de vitesse depuis le 30 mars 2022.
Comme Lyon, toutes les rues ne seront pas concernées par cette limitation. Les boulevards Stalingrad, Laurent-Bonnevay, le boulevard du 11-novembre-1918, l’avenue Albert-Einstein, la rue de la Poudrette, une partie de la route de Genas, le pont de Cusset, la rue du 4-août-1789 côté Saint-Jean et la rue Léon-Blum à l’Est du périphérique seront maintenus à 50 km/h.
Dans son communiqué, la ville de Villeurbanne met en avant une question de sécurité :
« La Ville 30 est une action déterminante pour améliorer la sécurité routière. La distance de freinage des véhicules motorisés est réduite à 13 mètres à 30 km/h, contre 27 mètres à 50 km/h. Le risque de décès d’un piéton heurté par une voiture roulant à 50 km/h s’élève à 80 %, contre 10 % à 30 km/h », déclare-t-elle.

Villeurbanne rejoint les villes « 30 km/h » de la métropole… Sans garantie de résultats
Elle n’est pas la seule à avoir opté pour cette option. Outre les communes citées, une vingtaine de villes de la Métropole ont adhéré à ce dispositif, de toutes les couleurs politiques. On peut ainsi citer Marcy-l’Etoile, avec un maire centriste, Saint-Genis-les-Ollières, avec maire divers droite, ou encore Sathonay-Village. En d’autres termes : le sujet semble faire consensus.
Reste la question de l’efficacité du dispositif. À Lyon, si une baisse des vitesses a été observée dans l’ensemble de l’agglomération, nombre d’automobilistes ne respectent toujours pas cette nouvelle limitation sur certains axes encore problématiques. Dans une enquête récente de Rue89Lyon, Fabien Bagnon (EELV), vice-président en charge des mobilités à la Métropole de Lyon, avait particulièrement mis en cause la préfecture du Rhône. En cause pour les Verts : le refus par les services de l’État d’installer des radars qui ne soient pas seulement pédagogiques.
« C’est assez sidérant de voir le manque de volonté de l’État depuis quelques années. Les messages envoyés sont au relâchement, nous avait livré l’élu. Quand on refuse de poursuivre les actions de sécurité routière, on accepte que le nombre de morts ou de blessés ne baisse pas et de l’avoir sur la conscience. C’est un choix politique. »
« La baisse de vitesse à 30 km/h est une mesure à part entière de sécurité routière », avait avancé la préfecture de son côté. Elle affirmait avoir mis en avant un besoin de « recul » sur la mise en place de cette limitation avant l’installation de radars.
En tout cas, avec Villeurbanne, 59 % de la population de la métropole de Lyon résidera dans une « Ville 30 ». Pas certain cependant que la même proportion respecte cette nouvelle réglementation.

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