C’est lors du conseil de politique nucléaire de ce mercredi 19 juillet que la décision a été annoncée officiellement. C’est au site du Bugey, dans l’Ain, que deux réacteurs EPR 2 seront implantés.
Cette décision fait suite à la déclaration de février 2022 du président de la République, qui a annoncé la construction de six futurs réacteurs à grande puissance : des EPR 2.
Ces réacteurs sont installés par paires. Deux autres sites avait déjà été sélectionnés pour constituer le nouveau parc nucléaire français, à Penly (Seine-Maritime) et à Gravelines (Nord). Ils devraient accueillir deux EPR 2 chacun, en 2035 pour le premier, et en 2038 pour le second.
En Auvergne-Rhône-Alpes le choix se jouait entre deux sites, celui du Tricastin (Drôme) et celui du Bugey (Ain). C’est ce dernier, à seulement 35km à l’est de Lyon, qui a été désigné. Le rapport du Conseil de politique du nucléaire précise tout de même :
« Les études techniques et les analyses se poursuivront sur le site de Tricastin dans la perspective d’accueillir de futurs réacteurs nucléaires. »
EDF prévoit la mise en service des deux réacteurs pour 2042 au site du Bugey, déjà pourvu d’une centrale.
La centrale nucléaire du Bugey, un choix sans surprise ?
La centrale nucléaire du Bugey est la doyenne des centrales en activité en France. Mise en service en 1978 et 1979, cela fait maintenant 40 ans que ses quatre réacteurs d’une puissance de 900 MW sont en service. Un anniversaire particulier puisqu’il avait été retenu, lors de leur conception, une hypothèse de 40 années de fonctionnement pour ces derniers.

Pour le président de la communauté de communes de la plaine de l’Ain, c’est notamment cette histoire nucléaire qui confère au site du Bugey nombre d’atouts pour accueillir les EPR 2.
Damien Abad, député LR de l’Ain, a exprimé sa fierté sur Twitter suite à l’annonce du président de la République :
« Je tiens à remercier le Président de la République et la Ministre de la transition énergétique pour leur choix de la centrale du Bugey afin d’accueillir deux futurs EPR2. Nous sommes fiers de cette décision. »
Face à la potentialité d’accueillir deux EPR 2 sur leur territoire, les élu·es de l’Ain ont su montrer leur détermination. Ainsi que leur soutien évident au plan de relance du nucléaire par le gouvernement.
Le nucléaire ne fait pourtant pas l’unanimité autour de Lyon
En février dernier une séance de débat public a eu lieu à Lyon autour du projet de bâtir six EPR 2 sur le territoire français. Organisée par la Conférence nationale du débat public (CNDP), les habitant·es du territoire se sont pressé·es pour exprimer leurs appréhensions.
Il a notamment été question des risques et spécifiques au site du Bugey. Les participant·es ont insisté sur une inquiétude en particulier : si le barrage de Vouglans (Jura) rompt, cela entraînerait un accident nucléaire majeur en immergeant la centrale.
Ils et elles ont aussi évoqué les incertitudes climatiques et géopolitiques. Les participant·es ont rappelé le contexte actuel. Qu’il s’agisse de la centrale de Zaporijia, directement impliquée dans le conflit russo-urkainien, ou encore des risques liés au changement climatique (montées des eaux, épisodes de sécheresse), le jeu n’en vaudrait pas la chandelle.
D’autant plus que, d’après les appréciations de 2022 de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) :
« Les performances globales de la centrale nucléaire du Bugey en matière de sûreté nucléaire sont en retrait par rapport à l’appréciation générale des performances que l’ASN porte sur les centrales nucléaires d’EDF. »
Des inquiétudes qui ne semblent pas toucher Laurent Wauquiez, président LR de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Interviewé par Le Progrès, il a déclaré que le choix du site du Bugey est une « récompense » pour le territoire. Il en a profité pour tacler ses opposants :
« Même quand des gens complètement fous critiquaient le nucléaire, à la Région, nous l’avons toujours défendu. »
Les anti-nucléaire semblent donc bien seuls face aux élu·es de l’Ain, de la Région et du gouvernement, qui se félicitent de l’édification prochaine de deux EPR 2 à la centrale nucléaire du Bugey.

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