Le 5 novembre 2022, le Collectif soutiens/migrants Croix-Rousse ainsi que la Coordination Urgence Migrants ont investi des bâtiments vacants de la Ville de Lyon situés à la Croix-Rousse (Lyon 1er) pour y loger des jeunes migrants à la rue. Un lieu que les collectifs ont renommé « squat du pa55age », désormais menacé d’expulsion.
Un rassemblement contre l’expulsion de 36 jeunes migrants à Lyon
Dans ce lieu dorment actuellement 36 jeunes migrants, en provenance pour la plupart d’Afrique subsaharienne. Leur minorité ayant été contestée lors de l’évaluation faite par l’association Forum Réfugiés pour le compte de la Métropole de Lyon, la collectivité ne les a pas pris en charge au titre de la protection de l’enfance. Depuis, ces jeunes sont en recours devant le juge des enfants pour être reconnus mineurs. Dans la métropole, 80% de ceux qui font ce recours obtiennent gain de cause.
En attendant, leur situation administrative est floue, sans instance identifiée pour les mettre à l’abri. Si certains jeunes dans ce cas ont pu être pris en charge par la Métropole de Lyon, la préfecture ou la Ville de Lyon, d’autres dorment encore dehors. C’est pourquoi le collectif soutiens/migrants Croix-Rousse, qui assure le soutien logistique et moral de ces jeunes depuis plusieurs années, avait décidé d’ouvrir ce squat.
Ces bâtiments appartenant à la Ville de Lyon, celle-ci a demandé l’expulsion des occupants. Après un premier report, l’audience aura lieu ce vendredi 12 mai à 9 heures au tribunal judiciaire de Lyon. Les collectifs appellent à un rassemblement de soutien à partir de 8h30 devant les portes du tribunal.
Si expulsés, les jeunes migrants devront sans doute rejoindre le nouveau campement de fortune installé dans le square Sainte-Marie Perrin, à proximité de la Métropole de Lyon.

Des jeunes migrants expulsés pour ouvrir un lieu d’accueil pour femmes précaires ?
C’est que, d’après nos informations, la Ville de Lyon avait d’autres projets pour ce lieu inoccupé. Celle-ci souhaitait les mettre à disposition de l’association Au Tambour, afin d’y monter un second lieu d’accueil de jour non-mixte pour les femmes précaires.
Un accueil qui devait initialement ouvrir le 8 mars 2023, journée internationale de lutte pour les droits des femmes. La Ville avait confirmé cette volonté auprès de Rue89Lyon en décembre 2022 par la voix de Sandrine Runel, adjointe aux Solidarités :
« La volonté de la Ville de Lyon est de récupérer au plus vite son bien pour mettre en œuvre deux projets, dont l’accueil de jour de femmes sans-abri par Au Tambour. On espère pouvoir l’ouvrir à l’issue du mandat. »
À l’époque, l’association Au Tambour se disait partagée entre la nécessité de trouver rapidement un second lieu pour accueillir plus de femmes à Lyon et le soulagement de voir les jeunes migrants dormir au chaud.
Contactée, la Ville n’a pas reconfirmé ce projet.

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