Ce vendredi 31 mars à 17h30, les soutiens des squats et quelques habitant·es appellent à une mobilisation place de la Comédie (Lyon 1er), en face de l’opéra. Objectif : protester contre la fin de la trêve hivernale.
Selon le collectif Intersquats Exilé.e.s Lyon et Environs, sept squats pourraient être expulsés d’ici fin juin. Les situations des habitant·es des squats rue de Bourgogne (22 personnes), de Sans-Souci (50 personnes), du Cours Émile-Zola (12 personnes) sont particulièrement inquiétants.
« Nous sommes menacé·es d’expulsion dès le 1er avril », indiquent des habitant·es dans communiqué.
Deux autres squats sont menacés. Le Duracuire, à Caluire, qui accueille 70 personnes, et le squat Pyramide (Lyon 7e), près de Gerland, comptant près de 200 personnes. Des lieux où Rue89Lyon s’est déjà rendu. En tout, près de 300 personnes sont menacées d’expulsion.
« L’État ne remplit pas ses missions d’hébergement inconditionnel, ni d’hébergement des demandeur.ses d’asile, mais il est bel et bien présent quand il s’agit d’utiliser la force pour mettre des personnes à la rue », regrette l’Intersquat et les habitants de différents lieux dans un communiqué.
Entre autre, ils demandent l’arrêt des expulsions de bâtiments où il n’existe aucun projet. Ils ciblent spécifiquement le squat de rue de Bourgogne (Lyon 9e) appartenant à la Métropole de Lyon et celui de Sans-souci, appartenant à la Ville de Lyon.
Ils demandent également l’arrêt de la coupure de fluides durant l’année. Selon eux, Enedis a fait cette opération sur le squat de la rue de Bourgogne, cet hiver. Enfin, ils demandent la réquisition des 18 000 logements vides de la métropole de Lyon afin que tous les sans-abri puissent être relogés.

Fin de la trêve hivernale : un hiver qui a vu le retour des tentes à Lyon
Non mentionné par l’Intersquat, l’avenir du squat de Grandclément pose également question. Une décision du tribunal correctionnel devait être donnée ce jeudi 30 mars sur l’avenir de ses habitants.
Sur le front du sans-abrisme, l’hiver 2022-2023 a été particulièrement compliqué à Lyon. Il a vu le retour des tentes dans les rues de Lyon et a été marqué par diverses expulsions. Entre la Ville, la Métropole de Lyon et l’État, des échanges difficiles ont eu lieu sur la question de l’hébergement d’urgence. Ces échanges politiques laissent une partie de la population à la rue, sans solution.
Sur la semaine allant du 13 au 19 février, 1185 demandes faites au 115 n’ont pas abouti à une place en hébergement. Un chiffre à prendre avec des pincettes. Beaucoup de personnes sans-abri ne prennent plus la peine d’appeler ce numéro d’urgence.

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