Alors que les préparatifs de la Fête des Lumières, temps fort du tourisme à Lyon, se terminent, le collectif Jamais sans toit continue de compter. 281. C’est le nombre d’enfants sans-abri dans la métropole de Lyon, alors que l’hiver s’installe. Ils seraient 136 à Lyon et 74 à Villeurbanne.
« Au-delà de la féérie, des centaines d’enfants vivent dans des conditions indignes et dangereuses. L’envers du décor doit être dévoilé : ces enfants sont abandonnés par l’État qui a l’obligation légale de protéger les plus démunis, mais qui n’assume pas sa mission de mise à l’abri. Nous disons à nouveau que la générosité citoyenne a ses limites et ne peut se substituer plus longtemps au principe de solidarité inscrit dans la loi », soutient le collectif.
Jamais sans toit soutient les comités mobilisés dans les écoles de ces enfants. Depuis la rentrée 2022, 17 000 euros auraient été dépensés pour payer des nuitées à l’hôtel à ces élèves et leurs familles, suite à une mobilisation citoyenne pour remplir des cagnottes.

Un rassemblement de soutien aux enfants sans-abri de la métropole de Lyon
Ce jeudi 8 décembre, alors que Jamais sans toit sera reçu par le maire PS de Villeurbanne, Cédric Van Styvandael, le collectif appelle à un rassemblement devant l’hôtel de Ville de la commune. Une délégation doit aussi être reçue le 6 décembre par le président EELV de la Métropole de Lyon, Bruno Bernard.
Pour rendre visible la situation de ces enfants, Jamais sans toit propose un « parcours » alternatif aux animations de la Fête des Lumières. Dans la Métropole, 17 écoles et un collège sont occupés pour mettre à l’abri 83 élèves et leurs familles. Cela représente un quart des enfants recensés par le collectif.
Avant le 8 décembre, certains comités de ces établissements organisent un goûter et une vente de luminions. Tous tendront aussi une banderole lors de la Fête des Lumières, avec pour inscription « Faire la lumière sur le scandale des enfants à la rue ».

Sans-abri à Lyon : un hébergement d’urgence saturé
Ces enfants et leurs familles, quelque soit leur nationalité et leur statut, devraient être hébergés par l’État. C’est la préfecture qui à la compétence de l’hébergement d’urgence. La Métropole de Lyon est, elle, en charge de la protection de l’enfance. Problème : les places sont déjà toutes occupées dans le Rhône, et les personnes hébergées le sont de plus en plus souvent sur des périodes longues.
Du fait d’une nouvelle politique nationale du « logement d’abord », le parc d’hébergement d’urgence s’était étoffé dans le Rhône depuis 2021. En 2022, 7886 places de mise à l’abri étaient disponibles dans le Rhône, contre environ 6500 en 2020. En miroir, selon nos informations, 1242 personnes restaient sans solution après avoir appelé le 115, service d’hébergement d’urgence, dans le Rhône début octobre.
La situation reste très critique et le projet de loi de finance prévoyait même une fermeture de 430 places dans le département. Le gouvernement a finalement rétropédalé sous la pression des associations, dont Jamais sans toit. Pour autant, cette politique du « logement d’abord » a aussi signé la fin des ouvertures de places en période froide. À l’approche de l’hiver, les perspectives manquent pour les enfants sans-abri de Lyon.

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