C’est sous les huées des habitants que Jordan Bardella, président du RN, avait tenté de déambuler à la Guillotière en novembre 2021. Venu au bras de Jean-Marc Morandini, il participait à une émission de la chaîne de télé CNEWS, intitulée « Face à la rue ».

Un coup de com’ attendu par le représentant du parti d’extrême-droite, qui espérait sûrement entendre les habitants lui parler d’insécurité. Impossible au vu du dispositif de sécurité qui entourait les deux hommes face à l’hostilité des personnes présentes, réunies pour faire face à sa venue. Qu’à cela ne tienne, Jordan Bardella a de lui même présenté le quartier comme une « zone de non-droit » avant de dérouler le programme de sa candidate, Marine Le Pen.
« En réalité il n’y a pas une Guillotière, il y a des Guillotières, partout sur le territoire national », assurait le cadre du RN.
En fin de campagne présidentielle, la discrète visite de Pécresse à la Guillotière
De son côté, Valérie Pécresse n’est pas venue en fanfare. Après un meeting organisé à Lyon en journée, elle s’est rendue dans le quartier de la Guillotière à la tombée de la nuit, jeudi 7 avril. Pour l’occasion, la candidate s’est entourée de Pierre Oliver, maire LR du 2e arrondissement de Lyon, et de Laurent Wauquiez, président LR de Région. Deux élus locaux qui n’hésitent pas à faire de la sécurité à Lyon un de leur sujet phare.
Sans utiliser l’expression « zone de non-droit », comme Jordan Bardella, elle s’est servie du lieu pour abonder sur l’insécurité. La candidate a voulu montrer une position de fermeté, pénale et policière, contre les différents problèmes rencontrés dans le quartier.
Elle a d’ailleurs diffusé une vidéo où on la voit dialoguer avec Nathalie Balmat, à l’origine du compte Twitter « La Guillotière en colère » (et de l’association « Riverains de la Guillotière ») qui dénonce les incivilités, l’insécurité et l’inaction à ses yeux de la mairie de Lyon.
Pour Valérie Pécresse, à la Guillotière « la République n’est pas chez elle »
Cette visite, la candidate est revenue une nouvelle fois dessus, vendredi 8 avril au matin, sur les ondes de France Inter. Un moyen de fustiger le bilan d’Emmanuel Macron en matière de sécurité, et de créer une différence avec le président-candidat, malgré la proximité de leurs deux programmes.
« J’étais hier au quartier de la Guillotière à Lyon, je peux vous dire que rien n’est fait pour que la République soit chez elle en plein cœur de Lyon, à 700 mètres de la préfecture de Région. »
Une dramatisation de l’inaction de l’État, alors même que la préfecture a mis en place une Brigade spécialisée de terrain (d’ordinaire réservée aux quartiers sensibles) en février 2021. Et qu’une trentaine de CRS étaient restés en statique sur la place pendant plusieurs semaines fin novembre 2021. Des mesures qui ne rentraient pas dans le récit électoral de la candidate.

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