On en avait l’intuition, l’Insee le confirme. La métropole de Lyon attire les étudiants, les jeunes actifs et les cadres mais perd des retraités et des familles avec enfants qui s’installent dans les communes en périphérie. Cette dernière catégorie amplifiant le flot des navetteurs que l’on retrouve dans les trains et dans les bouchons.
C’est le grand enseignement d’une étude recensant les migrations résidentielles (les foyers qui viennent pour emménager, ou, au contraire, ceux qui déménagent) et les trajets domicile-travail dans la métropole de Lyon.
Une étude concoctée par l’Insee Auvergne-Rhône-Alpes, en partenariat avec la Direction Départementale des Territoires du Rhône.
L’Insee met la focale sur une courte période : 2016-2017.
Première variation à retenir : les déménagements sont très légèrement déficitaires à Lyon :
« Entre 2016 et 2017, 12,8 % des habitants de la métropole ont déménagé, soit davantage que la moyenne régionale (11 %). Ces 58 200 départs sont par ailleurs presque compensés par les 56 400 arrivées dans la Métropole ».

La métropole de Lyon voit emménager sur ses terres des habitants des grandes agglomérations de la région comme Saint-Étienne, Clermont-Ferrand, Grenoble, Bourg-en-Bresse, Chambéry, Annecy… D’ailleurs, le solde d’arrivées à Lyon par rapport au nombre de départ est positif pour chacune de ces villes, à l’exception de Saint-Étienne qui n’envoie pas autant de ses habitants vers la métropole de Lyon qu’elle n’en accueille.
Comme les flux entre arrivées et départs de la métropole s’équilibrent, la croissance démographique de l’agglomération est « portée par l’excédent des naissances sur les décès », nous dit l’Insee. « Celle-ci s’élève à + 0,9 % par an entre 2007 et 2017 (contre + 0,7 % dans la région) ».
Navetteurs et retraités dans les communes aux frontières de la métropole de Lyon
Un tiers des habitants qui ont déménagé pour quitter la métropole de Lyon pour s’installer ailleurs, essentiellement dans les communes de la périphérie :
« La métropole de Lyon accueille en effet proportionnellement davantage d’étudiants, de jeunes actifs et de cadres que la population en place. Elle perd en revanche des retraités et des familles avec de jeunes enfants qui s’installent en périphérie, notamment pour accéder à la propriété. »
L’Insee a remarqué que les plus de 60 ans sont toujours plus nombreux à partir de la métropole, quel que soit l’espace d’échange.
Ce phénomène d’éloignement des centres appelé le « desserrement urbain ». Dans les communes alentours, les arrivées en provenance de la métropole représentent entre 45 % et 75 % des emménagements. Ce qui permet aussi aux grands lyonnais actifs de garder leur emploi :
« 67 % des actifs en emploi ayant déménagé dans l’aire d’attraction des villes de Lyon retournent dans la métropole pour y travailler. »

Les déplacements domicile-travail s’allongent selon l’Insee
Par conséquent, l’étude précise aussi que :
« Les déplacements domicile-travail en direction du cœur de la métropole (Lyon-Villeurbanne), largement conditionnés par les dessertes routières et ferroviaires, tendent à se déployer sur des distances toujours plus importantes. »
Les individus qui viennent travailler à Lyon et Villeurbanne viennent de plus en plus loin, en privilégiant des habitations situées à proximité d’axes routiers ou ferroviaires qui mènent directement vers les centres urbains.
Même si cette tendance à de longs trajets journaliers se dégage, la majorité des déplacements domicile-travail restent le plus souvent de proximité. L’Insee note d’ailleurs que plus les communes sont proches de la métropole et plus la proportion de leur population active occupée y travaillant est élevée.

Les déplacements internes à la métropole restent majoritaires : Pour dix emplois dans la métropole, trois sont occupés par des actifs vivant dans la même commune, quatre par des actifs changeant de commune à l’intérieur de la métropole et trois par des actifs qui viennent donc de l’extérieur de la métropole.
L’étude de l’Insee relève au passage une inadéquation de la répartition des emplois dans la métropole de Lyon : On observe une concentration de la mobilité des cadres à l’ouest, des ouvriers au sud-est, tandis que la mobilité des employés s’avère plus homogène et généralisée.

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