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Une végétation tropicale, des oiseaux qui tournent au dessus de la tête des visiteurs… Ce lundi 5 juillet, la majorité écologiste a présenté un nouvel espace du zoo du parc de la Tête d’Or de Lyon (lire encadré), intitulé Forêts d’Asie. Ce sont 10 000 végétaux qui ont été plantés pour un nouveau lieu, accueillant des tapirs malais, des gibbons à favoris blancs… Près de 80 nouveaux animaux sont arrivés au parc.
Avant la visite des lieux, une autre faune, plus politique, s’est hâtée de présenter le projet. Comptant dans sa majorité des militants de la cause animale, le maire Grégory Doucet (EELV) était attendu sur le devenir des animaux du zoo de Lyon. Lors de la campagne municipale, la position du candidat écologiste sur son avenir avait provoqué les ires de ses adversaires.
« Les animaux sauvages n’ont pas leur place dans des enclos. Pour autant, nous souhaitons que les Lyonnais, grands Lyonnais et touristes puissent avoir un vrai contact avec une faune qui devrait leur être proche : celle des espèces domestiques (poules, vaches, moutons, chevaux, chèvres ou porcs) », avait déclaré le maire, alors candidat, par communiqué.
Une déclaration qui avait irrité même au sein de la gauche actuellement dans la majorité municipale. La candidate de la gauche unie Sandrine Runel (PS), aujourd’hui adjointe à la solidarité et à l’inclusion sociale, avait annoncé vouloir garder le zoo « tel quel ».
Au Zoo de Lyon, Grégory Doucet donne d’abord la parole à Collomb
Un an plus tard, le raz-de-marée semble avoir échaudé les ambitions des écologistes qui ont dans leur gouvernance des militants animalistes. Histoire de ne froisser personne, l’actuel maire Grégory Doucet a donc proposé à son prédécesseur de prendre la parole en premier pour présenter le projet. L’équipe de l’ancien maire Gérard Collomb avait lancé les travaux en 2019.
« Il est important de conserver ce parc. Ce n’est pas seulement un lieu d’attraction pour les Lyonnais, mais aussi pour les habitants de la Région », a sermonné l’ancien maire.
Avec son ancien adjoint, Alain Giordano, ils ont défendu un zoo devant « rester » gratuit, véritable lieu de la préservation de la biodiversité, emboité sur ces points par Grégory Doucet (EELV). Rapidement, le maire actuel est revenu sur l’importance du « bien-être animal » avec son adjoint à la biodiversité, à la nature en ville et à la protection animale, Nicolas Husson.
« Nous avons besoin de prendre soin de notre biodiversité », a déclaré le maire.
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Zoo de Lyon : Gérard Collomb content mais pas trop
Un acte pour améliorer le bien-être animal ? Le décalage du parcours du petit train, afin de préserver la tranquillité des animaux. Un point, a priori anecdotique, qui n’a pas manqué de faire souffler son prédécesseur, Gérard Collomb.
Question bien-être, la taille de l’enclos des panthères de l’Amour va être multipliée par deux. En parallèle, une expertise va également être mené avec l’école VetAgro Sup. Cette dernière sera en charge de « veiller au respect du bien-être des animaux », en opérant des observations régulières.
De même, la Ville doit travailler à la création d’une réserve urbaine de biodiversité européenne. Une manière, pour le maire, de montrer l’importance de protéger des espèces locales au milieu des forêts asiatiques et des plaines africaines. Enfin, en mesure phare, le départ des crocodiles du parc de la Tête d’Or a été annoncé. Ces derniers devraient partir cet été ou au mois de septembre pour le Maroc.
Un communiqué de presse est parti ce lundi soir, du groupe politique d’opposition « Groupe pour Lyon », issu des listes menées par Yann Cucherat et Gérard Collomb. Il met fin à la petite danse commune de l’après-midi. Dans le texte, les élus d’opposition se félicitent de voir naître le projet de l’ancien maire. Mais ils reviennent sur le projet sous-jacent :
« Progressivement, les « grands mammifères » ne seront plus présents au zoo et seront remplacés par des espèces endémiques de l’Europe. Les enfants n’auront donc plus l’occasion d’être sensibilisés aux fragilités des beautés de notre planète et aux enjeux écologiques qui en découlent. »
Entre l’enfermement des grands mammifères et la possibilité de les avoir sous les yeux aisément, les paradigmes s’opposent.
La majorité écologiste reste prudente
Et ensuite ? Alors que les écologistes comptent dans leurs rangs, à la Métropole, la cofondatrice de parti animaliste Nathalie Dehan (EELV), des annonces étaient attendus sur le futur des animaux du parc.
« Nous sommes sur un travail expérimental qui est en train d’être réalisé, annonce Nicolas Husson, adjoint au maire. Certaines espèces vont être amenées à disparaître. Les plus grands spécimens qui ont de moins en moins de place pourraient être concernés. »
La disparition des « grandes espèces » du parc, telles que les girafes, n’est pas prévue tout de suite. Mais le discours tend à préparer les esprits, pour un zoo transfiguré dans un futur plus éloigné.
« Quand il mourra, le lion ne sera pas remplacé par un autre lion », précise l’élu.
Malgré l’irritation de Gérard Collomb alors placé dans le public, cette évolution apparaît, pour l’heure, loin de la révolution annoncée.
Comme un symbole, la présentation du projet s’est tenue devant l’ancien lieu de vie de Baby et Népal, deux éléphants dont le sort avait enflammé la vie politico-médiatique locale et nationale (lire par ailleurs). À l’époque, l’affaire avait suscité des remous sur plusieurs années dont la majorité se serait bien passée. Une prudence qui risque de ne pas convaincre tous les militants de la cause animale. Début juin, une quinzaine d’entre eux ont manifesté contre le zoo du parc de la Tête d’Or.
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