En matière de contraception, la grande majorité des hommes ne se pose guère de questions. Une fois installés dans une relation, adieu préservatifs, c’est Madame qui assure en prenant la pilule ou portant un stérilet.
Pourtant, ces messieurs peuvent aussi prendre à leur charge la contraception du couple. C’est ce qui est arrivé à Maxime Labrit en 2016. Sa compagne ne supporte pas la pilule et ne souhaite pas se faire poser de stérilet.
« On s’est interrogé sur les méthodes alternatives existantes. J’ai trouvé le site de l’ARDECOM (Association pour la Recherche et le DÉveloppement de la COntraception Masculine).
Et là, je suis tombé des nues en découvrant qu’il y avait deux solutions autres que la stérilisation (la vasectomie), la capote qui sur le long terme est clairement problématique dans une relation de couple et le retrait, qui est tout sauf efficace : on me proposait alors une méthode hormonale et une méthode thermique.
J’ai dû attendre 34 ans pour m’en rendre compte. J’étais resté sur le consensus médiatique qu’une pilule va arriver pour les garçons. C’est une fameuse arlésienne assez confortable : elle n’arrive jamais », se souvient Maxime.
Infirmier de profession, il travaille le sujet et souhaite « se contracepter » en utilisant la méthode thermique.
La contraception thermique, c’est quoi ?
Le principe de la contraception thermique est connu depuis l’Antiquité. Pour être en mesure de créer des spermatozoïdes en pleine forme, il faut que les testicules soient maintenus à une température inférieure à 35°C, d’où leur position dans le scrotum : pendus à l’extérieur du corps.
La méthode thermique, ou testiculaire, consiste donc à se remonter les testicules à l’intérieur du corps grâce à un dispositif les bloquant en position haute 15 heures par jour, sept jours sur sept. Cette procédure très fiable, sans effet secondaire et parfaitement réversible, interrompt la production de spermatozoïdes au bout de trois mois (durée du cycle de spermatogénèse).
Comment vérifier que la production de spermatozoïdes est bien stoppée ? En réalisant un spermogramme. C’est l’examen de base réalisé en laboratoire en cas d’infertilité chez l’homme. Il consiste à analyser la quantité, la qualité et l’aspect du sperme. Le seuil contraceptif est de moins de 1 million de spermatozoïdes par millilitre de sperme.
L’indice de Pearl sert à mesurer l’efficacité des méthodes de contraception : plus il est bas, plus la méthode est efficace. Sur cette échelle, l’indice de la pilule contraceptive est de 2,4, alors celui de la méthode de contraception testiculaire est de 0,5. Tout est dit !

Mr Bricolage
En France, pour pratiquer la contraception thermique dans un cadre médical, une seule option : aller à Toulouse pour obtenir le RCT : Remonte Couille Toulousain. C’est le sobriquet donné au dispositif mis au point par le docteur Roger Mieusset, andrologue au CHU de Toulouse, il y a une trentaine d’années. Pour visualiser le RCT, il faut imaginer un slip kangourou avec un trou sur l’avant pour passer le pénis et le scrotum, permettant ainsi la remontée vers le haut des testicules.
« Quand j’ai voulu pratiquer la ‘thermique’, à l’époque, je vivais à Marseille, raconte Maxime. Je n’avais pas les moyens d’aller à Toulouse et je n’avais pas envie d’attendre. Je voulais commencer tout de suite. Je n’avais pas de compétences de couturier pour fabriquer mes modèles.
Il poursuit :
« J’étais sur mon canapé et je me suis demandé si un simple anneau en silicone ne suffirait pas. Alors je suis allé dans un magasin de bricolage et j’ai acheté des anneaux toriques (des joints d’étanchéité, ndlr) qu’on trouve au rayon plomberie. J’ai pris plusieurs tailles et je suis rentré chez moi.
Quand j’ai passé l’anneau torique, je me suis rendu compte que ça provoquait bien une remontée des testicules. Par contre, c’était très inconfortable. Je me suis dit que si ça marchait comme ça, est-ce que ça ne vaudrait pas le coup que je me fabrique un anneau en silicone ? ».
Bricoleur, il dessine le prototype de l’Andro-switch, commande un moule en résine à un bureau d’étude et produit ses premiers anneaux.
« J’avais un moule un peu pourri, pour en sortir un anneau, il fallait en faire dix. C’était très long, très dur. J’avais quelques anneaux en stock, je les ai fait essayer aux copains des réseaux militants. Ça a beaucoup plu. »
Problème pour Maxime : il n’a qu’un moule et qu’une taille à proposer. L’inventeur se mue en entrepreneur, crée son laboratoire et sa start-up, Thoreme, pour proposer dès mai 2019 des anneaux en silicone biocompatibles et à toutes les tailles.
Un article à retrouver dans le numéro de décembre 2020 du magazine FLUSH. À retrouver dans 4100 kiosques.
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