Pour les deux ans du mouvement des Gilets jaunes et le 106ème Acte, une manifestation est organisée dans le centre ville de Lyon samedi 21 novembre.
L’appel qui circule sur Facebook est notamment signé par plusieurs collectifs de Gilets jaunes lyonnais, par Bas les masques (un collectif de soignants) et par le groupe local du Conseil National de la Nouvelle Résistance (CNNR – un mouvement récemment créé qui propose en particulier un mode de gouvernement alternatif).
Le rendez-vous est fixé à 14h, non pas place Bellecour mais au palais de justice, dans le 5e arrondissement de Lyon. La manifestation a été déclarée en préfecture,et est revendiquée “pacifique, festive mais déterminée”.
« Fin des privilèges », RIC, sixième République…
Les organisations appellent à la « convergence des luttes » autour de quelques revendications phares : rétablissement de l’ISF, lutte contre la fraude fiscale, la taxation des transactions financières ».
Dans le communiqué d’appel, ces Gilets jaunes demandent aussi « la fin des privilèges » qui passe par un « accès gratuit et égal pour tous à la santé, la justice et l’éducation, une égalité salariale entre hommes et femmes, ainsi que des logements décents pour tous ».
En sus, ils exigent également la “renationalisation” de l’eau, l’électricité, le gaz, les autoroutes. Sans oublier l’avènement d’une Sixième République ainsi que la possibilité d’un RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne). Revendication phare du mouvement.
“Ce n’est pas une commémoration des Gilets jaunes”
Le communiqué des Gilets jaunes insiste particulièrement sur le fait que ce rassemblement n’est pas une « commémoration », ce qui donnerait raison à ceux qui disent que « le mouvement est mort ». Ils invitent d’ailleurs les anciens militants qui ont raccroché le gilet à le reprendre, comme dit le chant entendu depuis deux ans, « pour l’honneur des travailleurs et pour un monde meilleur ».
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Dans leur communiqué, les Gilets jaunes n’incriminent pas la défection d’anciens militants qui a fait que les cortèges se sont clairsemés ces derniers mois. C’est d’autres responsables qu’ils pointent du doigt :
“Comment leur reprocher [les Gilets jaunes] lorsque la seule réponse à leurs revendications pour une société plus bienveillante et solidaire a été la matraque, le flashball, l’expulsion des ronds-points et – pire que tout – un mépris sans bornes de la part de la classe dirigeante ?”
Dans le contexte du projet de loi « sécurité globale » et de la crise liée à la pandémie, le fond de l’air est peut-être à la reprise du mouvement.

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