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Issu d’un milieu modeste de la banlieue lyonnaise, catholique et de gauche, Jean-Marie Girier n’a qu’une vingtaine d’années lorsqu’il entame son ascension parmi les socialistes de Lyon, dans l’ombre de Jean-Jack Queyranne puis, surtout, de Gérard Collomb. « Il a tout fait bien jusqu’à devenir l’un de ses proches collaborateurs, et il l’a suivi jusqu’au ministère de l’intérieur », constate Christiane Demontès, première secrétaire de la fédération du Parti socialiste du Rhône entre 2003 et 2008.
Protégé de Gérard Collomb
C’est avec l’ancien maire de Lyon qu’il fait son apprentissage. Gérard Collomb lui enseigne notamment une chose : être capable de travailler avec tout le monde, dépasser les clivages. Pendant toutes ces années, lui qui n’a pas d’ambition électorale s’imposera comme un second de valeur. « Sa force tient à sa capacité à s’insérer dans des réseaux avec talent et à une grande force de travail, note Cédric Le Déaut, qui fut directeur de cabinet de Jean-Jack Queyranne à la région Rhône-Alpes. Il sait se rendre indispensable. »
Girier suit Collomb à Paris et le quitte à son retour à Lyon
« Il a été le porte-flingue, l’homme des basses œuvres de Collomb », accuse Jean-Jack Queyranne. L’ancien président PS de Rhône-Alpes garde un souvenir cuisant des régionales de 2015. Jean-Marie Girier, alors chef de cabinet de Gérard Collomb à la métropole, « a organisé la sortie de la moitié de ma liste parce que j’ai refusé de prendre Caroline Collomb [épouse de Gérard] comme numéro deux », assure Jean-Jack Queyranne. « Il n’a jamais été un homme de main, conteste Sylvain Fort. Mais la politique, c’est une guerre, en dentelles. On essaie d’affaiblir l’adversaire. Jean-Marie sait le faire. Il vaut mieux l’avoir avec soi que contre soi. »
(…) En juillet 2018, le nom de Jean-Marie Girier était également apparu dans l’affaire Benalla. N’avait-il pas recruté l’ancien chargé de mission d’Emmanuel Macron ? Non, a-t-il démenti, mais le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, avait paru prendre ses distances. « Ça a pu l’atteindre », reconnaît une proche de Jean-Marie Girier, lequel avait déjà peu apprécié les critiques publiques du ministre à l’endroit du chef de l’Etat. De même, il désapprouvera la manière dont Collomb a préparé son retour à Lyon, « en diviseur, et non en passeur », confie alors Jean-Marie Girier à des proches.
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