Une tribune signée Dorie Bruyas, fondatrice de Fréquence écoles, un organisme pionnier d’éducation aux médias lancé depuis Lyon.
Le numérique éducatif n’a pas toujours été un sujet, et le confinement de ces derniers jours semble nous offrir la meilleure des occasions de nous y pencher enfin.
Il y a quelques jours, de nombreux enseignant.e.s ont dû improviser, faire évoluer des séquences et des progressions pédagogiques, en découvrant heure par heure les outils, les modalités d’interactions, les limites comme les possibilités offertes. Depuis quelques jours, au sein de Fréquence écoles, professionnellement comme personnellement, nous sommes régulièrement interpellés : quels outils utiliser pour discuter avec les élèves, partager des ressources, transmettre l’information ? D’ailleurs, les élèves ont-ils un mail, un ordinateur, une imprimante à disposition pour pouvoir remplir les documents envoyés ?
Ce déploiement à marche forcée de l’éducation par le numérique ne doit pas éclipser l’autre grand sujet : l’éducation au numérique comme un moyen de penser les discours médiatiques, la critique des informations, la mise à distance des représentations et des modèles de domination de la société de l’information.
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Les conseils en tant que professionnel·le·s de l’éducation au numérique en cette période de confinement
Voici ce que nous conseillons, à minima, en tant que professionnel·le·s de l’éducation au numérique.
1. Considérer l’influence et l’impact des discours médiatiques. Ouvrir le dialogue, savoir ce que les enfants et les adolescents ressentent, faire émerger leurs angoisses et tenter des réponses rassurantes quand c’est possible.
2. Chercher à créer des organisations numériques partagées, favorisant l’autonomie. Créer un lieu à la maison au calme pour faciliter les discussions vidéos, organiser le partage d’un ordinateur pour travailler en fonction des besoins de chacun, créer des dossiers en ligne pour sauvegarder leurs devoirs, leur montrer comment mettre en favoris les services qu’ils utilisent, les aider à créer un mail adapté…
3. Enfin, poser un cadre, un rythme pour que, dans cette frénésie, chacun connaisse et comprenne ces nouvelles règles temporaires et puisse faire face à la concurrence d’attention développée par les médias. Pour être efficiente, la nouvelle organisation choisie doit pouvoir évoluer, en fonction des besoins de chacun-e, en découvrant avec enthousiasme, la manière dont la famille se réorganise dans ce rapprochement un peu particulier.
Et quand tout cela sera derrière nous, patiemment, nous ferons le bilan.
Lire la publication dans son intégralité sur medium.com (accès libre).
A Lyon, des ados et leurs parents face aux questions du numérique

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