», le préfet du Rhône a demandé à Rue89Lyon un droit de réponse, que vous pouvez lire in extenso ci-dessous.
Nous maintenons l’intégralité des informations et de l’analyse contenues dans notre article.
« Le préfet Pascal MAILHOS dément fermement les déclarations laissant entendre que la mise à l’abri des personnes les plus fragiles serait conditionnée par un ou plusieurs critères. Il rappelle que son action est guidée par une volonté constante de protéger nos concitoyens, notamment les plus fragiles.
L’objectif est d’assurer la mise à l’abri la plus rapide possible des personnes fragiles. Leur entrée dans le dispositif est naturellement priorisée par des critères de vulnérabilité, comme lors des années précédentes. Bien évidemment, les personnes moins vulnérables ne sont et ne seront en aucun cas exclues du dispositif.
L’État a considérablement augmenté les moyens alloués à la politique de l’hébergement d’urgence, d’un point de vue quantitatif comme qualitatif :
- En 5 ans le nombre de places a augmenté de 93 % (de 3 095 à 5 983) auquel s’ajoute le
parc du renfort hivernal, en croissance de 26 % (de 955 à 1 200) soit 7 183 places avec un budget en
hausse de 63 %. - Le recours aux places d’hôtels a été restreint au profit d’une création de places en centres
d’hébergement, ce qui permet aux usagers de bénéficier d’un suivi, d’une socialisation et de
prestations repas.
Malgré ces efforts continus, les délais d’attente avant une mise à l’abri ont augmenté. Cette situation inacceptable est en grande partie causée par le manque de fluidité des dispositifs, trop de personnes demeurant dans le parc d’hébergement d’urgence alors qu’elles auraient vocation à intégrer d’autres dispositifs, notamment ceux d’insertion ou le logement pérenne.
La décision a de ce fait été prise de restructurer le dispositif afin de créer un réel parcours vers le logement pérenne : augmenter le nombre de places d’insertion dans l’objectif de sortir ces personnes bloquées dans des centres dédiés à l’urgence vers des dispositifs dans lesquels ils pourront être accompagnés vers l’emploi et le logement. Leur départ dans ces dispositifs libérera des places qui font actuellement défaut pour assurer la mise à l’abri immédiate.”
Précisions de Rue89Lyon à propos de la « restructuration du dispositif d’hébergement d’urgence » dans le Rhône
Nous rappelons ici deux points essentiels de cette « restructuration du dispositif d’hébergement d’urgence » qui ont été présentées aux associations mandatées par l’Etat à la fin du mois d’octobre et à la presse début novembre.
Tout d’abord, voici les critères de vulnérabilité qui « priorisent l’entrée dans le dispositif » :
- présence d’un enfant de moins de 1 an
- ou femme enceinte de plus de 5 mois
- ou problématique fortes de santé
Ensuite, la « mise à l’abri » est limitée à une période de deux mois. A l’issue de ce délai, une évaluation est réalisée. Si les personnes ne sont pas reconnues « vulnérables » et si elles ne sont pas considérées comme un public relevant « de l’insertion », (c’est-à-dire les personnes en situation irrégulière, dit la préfecture), elles seront « orientées » vers le dispositif de « retour volontaire » dans leur pays d’origine. En cas de refus, c’est le retour à la rue.
A (re)lire notre article :
À Lyon, l’agonie du droit à l’hébergement d’urgence

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