« Nous passons en moyenne 3 ans de notre vie aux toilettes »
FLUSH est le premier magazine (trimestriel) qui observe la société par le prisme des toilettes. C’est l’actualité (dé)culottée. « Parce qu’il nous est apparu qu’un sujet aussi trivial que les toilettes en dit long sur nos comportements », explique sa fondatrice, Aude Lalo, 34 ans, qui lance ce projet après 10 ans d’expérience dans la culture et les médias.
Le deuxième numéro est paru début mars.
Rue89Lyon
Dans la série rien ne se perd, tout se récupère, je voudrais… l’urine ! Principal déchet rejeté par l’Homme en termes de poids et de volume, il contient les principaux nutriments nécessaires au développement des plantes, notamment celles dont nous nous nourrissons.
« L’urine en tant que telle est un engrais, confirme Renaud de Looze, ingénieur-pépiniériste. On y trouve du phosphore, du potassium, du souffre, un peu de sodium, du chlore…. On y trouve aussi un azote appelé urée, qui n’est rien moins que l’azote le plus vendu au monde sous forme d’engrais. »
Or cet azote, comme le reste de ce cocktail détonnant, termine malheureusement souvent son parcours dans les toilettes. Il rejoint ensuite les stations d’épuration où nos urines sont traitées mais non recyclées. C’est un cercle non vertueux : pour fertiliser nos plantations, nous utilisons de l’urée de synthèse ; mais pour la fabriquer, il faut acheter de l’azote.
« On s’amuse à brûler du carbone pour fabriquer de l’azote uréique alors que l’on en a à disposition dans l’urine »
« Outre le coût que cela représente, produire de l’azote de synthèse implique des dépenses énergétiques, poursuit Renaud de Looze. Pour obtenir un litre d’azote de synthèse, il faut un litre de fioul. Tout ceci est idiot. On s’amuse à brûler du carbone pour fabriquer de l’azote uréique alors que l’on en a à disposition. »
Pourquoi donc ne pas utiliser nos urines pour enrichir nos sols ? Une question que se posent de nombreux chercheurs. En Suisse, un engrais à base de miction appelé Aurin est commercialisé depuis 2016. En France, l’IRSTEA – Institut National de Recherche en Sciences et Technologies pour l’Environnement et l’Agriculture – a récemment mené une expérimentation sur une exploitation viticole près de Montpellier.
> Cet article est un extrait d’un papier signé Sophie Danger publié dans le numéro 2 du magazine FLUSH.
A retrouver dans 4100 kiosques.
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