C’est le ministère de l’Intérieur qui avait demandé, juin dernier, à tous les préfets d’organiser des « assisses » avant la mi-septembre, en continuité des « instances de dialogue » qui avaient été lancées en 2015.
A Lyon, dans la grande salle de la préfecture, Stéphane Bouillon, le préfet du Rhône, a fait un rapide point presse pour rappeler l’objectif de ces assises, à savoir « une meilleure « organisation de l’islam dans nos institutions ».
Nous savons seulement que trois points ont été abordés pendant les ateliers qui réunissaient une quarantaine de personnes (des représentants du culte musulman, universitaires et représentant de la société civile) : la formation des imams et aumôniers, la place de la jeunesse dans l’islam et le financement des mosquées.
C’est ce dernier point qui était particulièrement attendu. Cette journée de « débat et de parole » se déroulait deux jours après la publication polémique du rapport sur l’islam du groupe de l’Institut Montaigne.
Rédigé par Hakim El Karoui, ce rapport est particulièrement décrié par les représentants du culte musulman, comme Dalil Boubakeur, recteur de la Grande mosquée de Paris ou Abdallah Zekri, délégué général du CFCM (Conseil français du culte musulman) ou encore Kamel Kabtane, le recteur de la Grande mosquée de Lyon, qui, dans un communiqué, a dénoncé un « rapport qui divise les Français » :
« En prenant pour prétexte la lutte contre l’Islamisme, ce rapport au contour incertain et aux objectifs hasardeux, montre combien ses promoteurs (…) tentent de jeter le discrédit sur la communauté musulmane et ses représentants ».
Quelles propositions des musulmans lyonnais ?
Dans ce contexte tendu, le préfet Bouillon s’est félicité de la « victoire que représente ce dialogue » en voulant prendre ses distances avec le rapport Montaigne sur l’islam, affirmant que :
« Ce rapport est une contribution pas une conclusion. C’est au Président de trancher ».
Les préfets des différentes régions ont jusqu’au 15 septembre pour faire remonter les propositions des représentants musulmans au Président de la République.
Dans le Rhône, ces représentants ont été tenus à distance des journalistes et n’ont pas livré leurs propositions. Il faudra attendre.

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