Un virage s’est opéré depuis une décennie dans l’histoire de la bière en France. Son image a considérablement changé auprès des professionnels et du public, au point de devenir un produit gastronomique, de dégustation.
On la retrouve sur les tables de grands restaurants, où elle est associée à différents aliments (notamment les fromages) : c’est ce que l’on appelle le « beer-pairing » ou l’accord mets et bière.
La question du terroir gagne également en importance dans la sphère brassicole française avec l’essor des fermes-brasseries et l’utilisation croissante de plantes, fleurs et fruits locaux dans les procédés de fabrication.
Pour David Hubert, porte-parole du tout nouveau syndicat national des brasseries indépendantes (lire notre enquête sur sa création) et directeur industriel du Ninkasi, un mouvement s’opère actuellement, qui redéfinit les enjeux :
« La question de terroir prend une place de plus en plus importante. On retrouve de plus en plus des fermes brasseries qui produisent elles-mêmes leur orge ou leur houblon. On voit des petites structures émerger, comme Malteur Echos ou la Malterie des Volcans. Notamment dans le bio. C’est aussi le cas pour le houblon avec l’émergence de nombreux projets de micro-houblonneries. Je pense que cela va fortement évoluer dans les prochaines années. »
Cette notion de « terroir » peut également se déployer du fait d’une utilisation de plus en plus importantes de plantes, fleurs, fruits locaux (génépi, marron, etc.) chez les brasseurs.
Les grandes tendances actuelles sont les IPA, les bières acides, les bières en barriques mais aussi les expérimentations sur les levures.
« Bien qu’elle n’ait pas encore acquis de véritable identité comme en Belgique et en Allemagne, il n’est pas impossible que la bière artisanale française devienne un jour un produit phare de l’hexagone au même titre que le vin », indique David Hubert.
Le Lyon Bière Festival 2018, qui aura lieu les 21 et 22 avril 2018 à la Sucrière, présentera une partie de cette scène française bouillonnante, mais ne s’arrêtera pas là. Des brasseries espagnoles, anglaises, montreront à quel point l’Europe est terre d’innovation.
Et les Etats-Unis joueront le rôle de territoire mis à l’honneur, avec six brasseries de renom, représentantes d’un milieu alternatif très agité dans une actualité sociale et politique qui ne l’est pas moins.
Ce festival lyonnais est organisé par trois structures, réunissant des programmateurs et des médias investis dans la vie locale :
- Bieronomy : Michel Masurel et Nicolas Dumortier (programmateur du LBF), duo de cavistes indépendants en Haute-Savoie
- Le Petit Bulletin : hebdo culturel gratuit distribué à Lyon, Grenoble et Saint-Etienne
- Rue89Lyon : site d’information généraliste métropolitain et régional

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