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Un habitant n’y croyait pas et pourtant, la Vierge n’est plus là.
« A ce compte-là, ils n’ont qu’à enlever l’église ! »
Oui mais, voilà, la statue avait été achetée en 2011 sur les deniers publics, sur décision du maire, érigée et bénie un 15 août, jour de l’Assomption de Marie dans la religion catholique, le tout sur un terrain communal. Un mélange des genres dont la justice s’est mêlée. Cinq ans après, la mairie a fini par obtempérer à la décision du tribunal administratif de Grenoble lui intimant de retirer la statue du domaine public.
La présidente de l’association paroissiale n’en revient pas de s’être fait « bananer » à ce point-là. Non seulement « ils » l’ont bougée, mais sans la prévenir. Si elle l’avait su, elle aurait pu organiser une procession pour l’accompagner.
« Mon Dieu, encore cette affaire. » Le maire (divers gauche), Gaston Lacroix, aimerait changer de sujet. Il reconnaît avoir « déconné » en 2011. Acheter 30 000 euros une telle « œuvre » sur le budget de la commune était une erreur. Mea culpa.
Jamais il n’aurait pas pensé qu’une « petite statue comme il y en a partout » pourrait créer autant d’émoi.
« On a des racines chrétiennes et puis c’est tout. »
L’élu de la République de 62 ans n’a rien contre la loi de 1905 qui régit la séparation entre l’Eglise et l’Etat. Mais « cette laïcité servie à toutes les sauces » commence à le fatiguer.
En cinq ans, les rancunes ont eu le temps de s’installer, et même de dépasser Publier. Un élu voisin a ainsi reçu des menaces de mort pour s’être rangé dans le camp de l’enlèvement.
Alain Prigent, l’ancien médecin du village, a lui aussi reçu des lettres « d’une violence inouïe » de la part d’anonymes et de « mouvements identitaires ».
« On serait des vendus à l’islam, des antipatriotes. »
C’est ce médecin, représentant de la Fédération de la libre-pensée, est à l’origine du premier recours contre la statue. C’est la même association qui, au niveau national, avait attaqué devant le Conseil d’Etat l’installation de crèches de Noël dans des bâtiments publics. Publier rentre « enfin » dans la légalité, dit-il avec soulagement. Sa victoire ?
« Non, celle de la République. »
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