Le conseiller municipal lyonnais faisait sa première sortie depuis le camouflet que lui a infligé son parti, Les Républicains. A celui qui crie son « envie de Lyon » à qui veut l’entendre, on a préféré la jeune Anne Lorne pour être investie aux législatives.
Conseillère régionale et ex-coordinatrice de la Manif pour tous, elle est en effet poussée sur le devant de la scène par Laurent Wauquiez, qui s’impose désormais comme le leader de la droite sur le territoire lyonnais.
Avec le président de région et numéro 2 du parti Les Républicains, la « droite modérée » qui a jusque là eu bien du mal à s’illustrer face à la « gauche centriste » de Gérard Collomb, est reléguée à un mouvement politique dépassé.
Mais pour Alain Juppé, il ne s’agit que d’une question de semaines pour que Michel Havard remonte en selle. Sur des étriers qu’il lui a promis.
Le maire LR de Bordeaux estime que ces investitures ne sont pas tout à fait bouclées (« il n’y a que du LR, il faudra bien intégrer nos amis du centre ») et qu’elles seront modifiées à la suite de la primaire de droite -dont il imagine sortir vainqueur, fort de sondages le plaçant favori.
Mots doux rassurants après la « déception »
Michel Havard a déclaré, au sujet de son éviction des listes LR pour les législatives :
« J’ai bien sûr accueilli cette nouvelle avec beaucoup de déception, même si je suis un partisan de la parité, même si je peux en être victime. »
Alain Juppé a voulu minimiser les choix faits par son parti, aboutissant à des listes « données trop tôt » et à un processus seulement « provisoire ».
Oui, s’il est le candidat de la droite aux prochaines élections présidentielles, il tentera de redonner une place à Michel Havard. Non, il n’a pas de problème avec le sarkozyste Laurent Wauquiez, qu’il n’a pas vu à Lyon ce mercredi mais au Puy-en-Velay il y a quelques jours.
Occasion pour Alain Juppé de rappeler qu’il est bien à droite. Agacé d’être sans cesse qualifier de candidat d’une droite modérée, il a tenu à distinguer la « modération » de la « mollesse » et à rappeler que son programme suivait bel et bien une ligne ultra-libérale.
Michel Havard, quant à lui, a signé des deux mains :
« Je crois qu’il est le président de la République dont a besoin la France. »
Des échanges et mamours que n’ont pas eu envie d’avoir avec Alain Juppé d’autres élus LR de poids de l’agglo, aucun ne s’étant déplacé.

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