Ce mercredi, nouveaux rebondissements dans les enquêtes qui visent un prêtre pédophile et le diocèse de Lyon (pour n’avoir rien révélé à la justice). Une perquisition a eu lieu dans ses locaux à Fourvière, tandis que la bataille juridique qui concerne la prescription ou non des faits reprochés à Benoît Preynat a connu des avancées. Et pas des moindres. Le juge a tranché : ce mercredi, les faits reprochés au prêtre Benoît Preynat ont été déclarés « non-prescrits », ce qui autorise alors les poursuites.
Le débat s’était ouvert sur l’ancienneté des plaintes pour des faits qui remontent à plus de 25 ans. A l’époque, le délai de prescription étant plafonné à trois ans, pour Me Frédéric Doyez, avocat du curé lyonnais, « il aurait fallu que les victimes portent plainte au plus tard avant fin 1994 ». Ce délai depuis rallongé, tout mineur victime d’agressions sexuelles dispose aujourd’hui de 20 ans, à compter de sa majorité, pour porter plainte.
Si le père Preynat entend bien faire appel de la décision prise par le juge en charge de l’affaire, l’enquête s’est poursuivie le même jour avec une perquisition à l’archevêché de Lyon. Procédure habituelle à ce stade de l’affaire, elle s’inscrit dans le cadre de l’enquête préliminaire qui vise le cardinal Barbarin pour « non dénonciation d’atteintes sexuelles sur mineurs de 15 ans » et « mise en danger de la vie d’autrui » depuis le 4 mars.
Souvenez-vous, l’archevêque avait été informé des agissements du père Preynat dès 2007 (voir la chronologie ci-dessous). En attendant, le diocèse a confirmé une coopération totale avec les services juridiques et de police et a donc accueilli les agents pour la perquisition, normale à ce stade de l’enquête, « sans problème ».

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