nquêtes, d’articles relatifs au monde judiciaire avec une pointe de littérature policière, c’est le concept de « Sang- froid », nouvelle revue trimestrielle. Disponible en kiosque depuis ce jeudi, elle est née des échanges entre un jeune journaliste lyonnais, Stéphane Damian-Tissot, et d’un éditeur, Yannick Dehée. Nous avons pris notre courage à deux mains et ouvert la revue.
« Je voulais m’attarder plus longuement sur l’actualité ».
Lorsqu’en 2015 Stéphane Damian-Tissot, quitte son poste journaliste judiciaire pour un magazine lyonnais, son projet est déjà bien dessiné.
« J’avais envie de faire autre chose que du mensuel, me confronter à une autre problématique. Et puis, j’ai découvert la revue de journalisme de récit XXI, elle m’a inspiré. »
En mars 2015, Stéphane Damian-Tissot rencontre Yannick Dehée qui dirige « Nouveau Monde », une maison d’édition indépendante. Leurs ambitions se croisent.
« Yannick Dehée voulait créer une revue d’investigation et moi une revue judicaire. Lui aussi souhaitait faire du contenu, voir autre chose que le monde de l’édition où l’on propose des livres en une dizaine de lignes.»
Grâce à une levée de fonds et à leurs apports personnels, Stéphane Damian-Tissot et Yannick Dehée lancent le projet.
« La revue devait à l’origine s’appeler « Maât », en référence à la déesse égyptienne de la justice. Mais le titre n’était pas assez évocateur. »
Tandis que celui sur lequel ils se mettent d’accord évoque inévitablement l’un des plus grands chef-d’oeuvre de la littérature sur la criminalité, De sang-froid, de Truman Capote.
« C’était aussi pour mettre pause sur l’actualité et prendre son temps, il faut garder son sang-froid.»
Et la barre a été placée hautepour ce tout premier numéro. Enquête sur un détournement financier sous l’Irak post-Saddam Hussein, dossier sur des avocats qui se retrouvent sur les bancs des accusés… La revue promet de sacrées révélations.
Entre fiction et réalité
La maquette de « Sang froid » propose plusieurs univers, parfois éloignés du domaine de la justice, avec de la bande-dessinée aussi.
« A travers un dessin, il est parfois plus simple d’expliquer une thématique, notamment sur des sujets comme la justice. »
Un mélange des époques aussi. En feuilletant encore la revue, on trouve des photographies d’archives, comme celle du président Valéry Giscard d’Estaing à Alger en 1975, pour une enquête sur les attentats menés en secret par la France contre l’Algérie.
Quant au sommaire, il se divise en deux grandes parties. La première est une partie « réelle » avec des reportages, des enquêtes et des portraits. Suit une partie dédiée au polar avec des portraits, des interviews ou encore des critiques.
« Il existe une passerelle forte entre les polars et le monde judiciaire. De nombreux auteurs de romans policiers lisent la presse pour inspirer leur écriture. »
Si la majorité du contenu est porté par des journalistes, certains professionnels contribuent à la revue. Renaud Junillon, libraire chez Lucioles, a par exemple chroniqué l’essentiel des critiques polar de ce premier numéro.
Comme cela se fait sans exception désormais, l’équipe compte lancer dans les prochaines semaines un Crowdfunding.

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