Hospitalisée suite à une tentative de suicide, l’enseignante stagiaire à l’École supérieure du professorat et de l’éducation (ESPE) – ex IUFM, n’a pas pu se rendre à son procès. Un élément en faveur de la défense à qui le tribunal a accordé l’expertise psychiatrique. Pour Frédéric Doyez, avocat de la jeune femme de 24 ans :
« L’expertise est indispensable pour savoir si elle porte la responsabilité de ses actes. »
Souvenez-vous : l’enseignante stagiaire avait envoyé des mails « faisant l’apologie du terrorisme » dans lesquels des menaces à l’encontre des membres du personnel et des élèves « de religion catholique » étaient proférés. Les avertissements rédigés au nom de Daesh s’était soldés par une enquête de la sûreté départementale du Rhône. Après avoir été retrouvée par les policiers via un ordinateur d’une bibliothèque de l’Université Lyon 1, elle a confié être elle-même catholique et avoir agi pour montrer « ce que les personnes catholiques subissent ».
Pour l’avocat du directeur de l’école et d’autres personnels qui ont été destinataires des mails, la décision de renvoi a suscité une vraie déception. Leur avocat Jean-Jacques Rinck nous livre pourquoi l’expertise psychiatrique n’a pas de sens pour ses clients :
« Il faut être pragmatique. C’est une femme intelligente. Elle est quand même en master de mathématiques et a utilisé des systèmes astucieux pour ne pas être repérée. Elle a réfléchi ses actes, de manière lucide et intentionnelle. »
Pour l’heure, le doute demeure quant aux réelles intentions de la jeune femme. Il faudra attendre le 1er juin pour savoir si oui ou non elle avait l’entière maîtrise d’elle-même et de ses actes. Elle comparaîtra donc pour « apologie du terrorisme » et « menace de crime contre les personnes en raison de la religion ».
L’Université Claude-Bernard (Lyon 1), représentée par l’avocate Solène Nayrand, n’a pas souhaité s’exprimer.

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