Jusque là, il n’en avait jamais été question pour Gérard Collomb. Mais à la suite de l‘état d’urgence décrété en France pour trois mois, le maire PS de Lyon a fini par faire envoyer un communiqué à la presse, dans lequel il parle en son nom. Ouvrez les guillemets :
« Après réflexion, nous avons décidé de mettre en vigueur la proposition du gouvernement de faire bénéficier les villes qui le souhaitent d’armes faisant partie du stock du Ministère de l’Intérieur. Les effectifs de la police municipale lyonnaise seront donc progressivement armés, cela en prenant en considération les missions, les horaires et les lieux d’intervention des agents. »
Le processus doit débuter début 2016, soit dans quelques semaines. La municipalité précise également que les policiers devront obligatoirement effectuer une formation, qualifiée d’ »exigeante », à la fois sur « le plan théorique et pratique », pour être habilités à porter une arme à feu sur la voie publique. Des séances d’entrainement seraient aussi prévues.
Le groupe des élus Europe Ecologie-Les Verts de Lyon n’a pas manqué de réagir, opposés à cette décision et préférant « une police municipale de terrain, telle qu’actuellement ». Ils ne souhaitent pas la voir « se transformer en un sous-produit ou un concurrent de la police nationale », mais plutôt comme un outil de proximité avec les citoyens.
Les élus UDI de Lyon se montrent moins catégoriques, voire plutôt favorables à ce virage pris par Gérard Collomb. Ils souhaitent en revanche trouver l’occasion de poser publiquement les questions suivantes :
« Qui sera formé et pour quels types d’intervention ? »
Tandis que leurs amis de droite Les Républicains ne se sont pas (encore) prononcés sur ce choix politique, les élus UDI comptent ouvrir le débat à l’occasion du prochain conseil municipal, programmé à la date du 17 décembre 2015.

Enquêter sur l’extrême droite, mettre notre nez dans les affaires de patrons peu scrupuleux, être une vigie des pouvoirs politiques… Depuis 14 ans, nous assurons toutes ces missions d’utilité publique pour la vie locale. Mais nos finances sont fragiles. Nous avons besoin de 30 000 euros au 16 avril pour continuer d’être ce contre-pouvoir local l’année prochaine.
En 2025, nous faisons face à trois menaces :
- Un procès-bâillon : nous allons passer au tribunal face à Jean-Michel Aulas, ex-patron de l’OL qui nous attaque en diffamation.
- Des réseaux sociaux hostiles : Facebook, X, mais aussi Google, ces plateformes invisibilisent de plus en plus les médias indépendants en ligne.
- La montée de l’extrême droite : notre travail d’enquête sur le sujet nous expose et demande des moyens. Face à Vincent Bolloré ou Pierre-Edouard Stérin qui rachètent des médias pour pousser leur idéologie mortifère, notre média indépendant est un espace de résistance.
Pour toutes ces raisons, nous avons besoin de votre soutien : abonnez-vous ou faites un don à Rue89Lyon !
Chargement des commentaires…