L’enquête annuelle publiée par l’UNEF (Union Nationale des Etudiants de France) dresse un portrait d’universités françaises de plus en plus sélectives. Au total, sept filières seraient concernées à Lyon. Fabrice Torro, président de l’UNEF de Lyon, distingue deux types de sélection :
« Tout d’abord la dissuasion par pré-requis : L’université Claude Bernard (Lyon 1) se veut la plus excluante, requérant un baccalauréat scientifique pour intégrer certaines sections. L’université Jean Moulin (Lyon 3) préconise quant à elle l’obtention d’un baccalauréat général. Cela est facteur d’inégalité et un obstacle à la réorientation. »
Bref, à Lyon 1 comme à Lyon 3, on ne peut pas accéder à certaines licences quand on est titulaire d’un bac pro voire, dans certains cas, d’un bac général qui n’est pas un bac S.
Rien n’indique en revanche que le tirage au sort, pratiqué dans certaines universités, soit une pratique existante dans les facs lyonnaises.
Contrairement au syndicat étudiant, le ministère ne considère pas ces pratiques de sélection comme systématiquement illégales. Cela dépendrait du mode de sélection appliqué.
On trouve aisément le mode de sélection pratiqué sur les sites des universités :
Université Claude Bernard Lyon 1 :
- Licence de mathématiques : déconseillée aux bacheliers autres que S car « Les autres bacheliers peuvent s’inscrire mais le taux de réussite des bacheliers ES ou autres est proche de 0% ».
- Licence Géoscience : « bacheliers scientifiques » uniquement.
- Licence d’informatique : pré-requis : « être titulaire d’un baccalauréat scientifique »
- Licence de physique : « Bachelier scientifique, en formation initiale ou continue ».
- Licence de chimie : ouvert à tous les titulaires d’un bac scientifique »
Université Jean Moulin Lyon 3 :
- Licence Droit, économie, gestion mention droit : ouverte aux « Bacheliers : série ES, série L, série S ».
- Double Licence Sciences humaines et sociales, mention Géographie et Aménagement et Licence Sciences humaines et sociales, mention Histoire : « Les demandes sont examinées au moment de l’inscription au regard des bulletins scolaires de première et de Terminale et des notes obtenues au Baccalauréat ». Ce qui s’apparente à de la sélection sur dossier.
Pour le président de l’UNEF de Lyon, Fabrice Torro, deux causes expliquent cette sélection :
« Ces formes de sélection illégales reflètent à la fois la vision élitiste de certaines universités mais également un manque certain de financement de l’Enseignement Supérieur. »
Deux cas de fortes dissuasions à Lyon 2
L’Unef affirme n’avoir « pas d’information sur des sélections illégales » à l’université Lumière (Lyon 2). On trouve toutefois des filières poussant à une forme de sélection, même si elle n’est pas de même nature qu’à Lyon 1 et Lyon 3. Ici, elle consiste essentiellement à dissuader fortement les bacheliers qui n’auraient pas les pré-requis.
Dans ces filières, la motivation et les compétences techniques sont vérifiées en amont de toute admission. Une année préparatoire de mise à niveau est proposée en cas de besoin :
- Licence Arabe. Il est précisé que « les étudiants désireux de s’inscrire en Année Préparatoire, ou 1ère année de licence, doivent impérativement avoir une entrevue avec le responsable du premier cycle. » Mais vous pouvez toujours intégrer cette licence « quel que soit votre niveau en arabe lors de votre entrée à l’université, même si vous êtes débutant complet ».
- Licence Musicologie. « Le niveau d’entrée en 1re année n’est en aucun cas un niveau de débutant dans les disciplines de technique musicale. Il est donc conseillé d’avoir suivi ou de suivre parallèlement un cursus en établissement spécialisé, voire d’être titulaire de diplômes des conservatoires régionaux ou des écoles nationales de musique. » Une année préparatoire (APEM) est proposée aux étudiants qui souhaient acquérir les bases.

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