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Près de 400 personnes se sont réunies devant le tribunal d’Annecy pour manifester leur soutien à l’inspectrice du travail, Laura Pfeiffer, et à un salarié de l’entreprise Tefal de Rumilly. Tous deux accusés de violation du secret professionnel et recel de courriels, ils devaient assister à leur procès ce vendredi. A la demande des avocats, l’audience a été reportée au 16 octobre.
Il est reproché à la jeune inspectrice du travail ainsi qu’à un salarié de Tefal (licencié depuis) d’avoir rendu public des mails internes à l’entreprise montrant que la direction avait cherché à entraver les investigations de l’inspectrice du travail. Dans un de ces messages, l’ancien salarié de Tefal, remarquait que le directeur départemental du travail (DDT), a « le pouvoir » de changer Laura Pfeiffer « de section administrative pour que Tefal ne soit plus dans son périmètre ».
Saisi, le conseil national de l’inspection du travail (CNIT) a estimé en juillet 2014 que l’entreprise avait « porté atteinte » à l’indépendance de l’inspection « en tentant d’obtenir de l’administration (préfet) et du
responsable hiérarchique le changement d’affectation de l’inspectrice ».
« Ces pressions n’ont pas été suivies d’effet », souligne cependant le CNIT.
Les syndicats CGT, Sud, CNT, FSU et FO ont dénoncé un procès « éminemment politique » :
« le procès de notre métier, de l’inspection du travail, démantelée depuis des années par les gouvernements successifs et qui doit faire face aux attaques incessantes du patronat », Pierre Solvas, responsable de la CGT de Haute-Savoie, a ainsi vilipendé une « justice aux ordres des possédants ».
Bernard Thibault, ancien secrétaire général de la CGT, est venu pour dénoncer le procès, il a même évoqué une procédure :
« Si elle est condamnée la France se mettra en infraction et (dans ce cas) je porterai plainte auprès de l’OIT (organisation internationale du travail) ».

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