SUR LIBERATION.FR
Avec la prévention du djihad, le Vénissian Mourad Benchellali, ex-détenu de Guantanamo, avait fait de cette procédure un de ses principaux combats.
En compagnie de l’autre Vénissian incarcéré sur la base américaine de l’île de Cuba, Nizar Sassi, il a engagé, via son avocat William Bourdon, une démarche judiciaire pour faire reconnaître qui ont été victimes de torture.
Cela passe par l’audition de l’ex-commandant du camp, le général Geoffrey Miller.
Ce jeudi, la cour d’appel de Paris leur a donné gain de cause en ordonnant son audition.
Libération revient sur cette longue procédure judiciaire qui est loin de son aboutissement.
Treize ans après l’ouverture du camp américain de Guantanamo à Cuba, la France est le dernier pays où une procédure pénale tente encore de faire la lumière sur les conditions de détention et l’usage de la torture dans cette prison militaire de haute sécurité.
Cette instruction vise éventuelle la mise en examen du général Miller, responsable de la force opérationnelle interarmées à Guantánamo de novembre 2002 à avril 2004, pour «séquestration suivie de tortures» sur trois Français enfermés dans le camp durant cette période, dont Mourad Benchellali, partie civile.
C’est sous le commandement du général Miller que Guantanamo serait devenu «un centre de recherches sur la torture», selon un rapport d’experts publié en février 2014. Ces travaux ont permis de relancer une procédure engagée par une juge française, Sophie Clément, qui avait délivré en 2012 une commission rogatoire internationale, restée sans réponse de la part des Etats-Unis. La magistrate n’avait pas voulu convoquer le général Miller. Et c’est cela que l’avocat William Bourdon a réclamé auprès de la cour d’appel de Paris.
Mourad Benchellali a été incarcéré à Guantánamo de janvier 2002 au 26 juillet 2004. Dans son livre, il décrit les postures douloureuses et humiliantes, les passages à tabac, les simulations de noyade, les recours à des chiens d’attaque, les privations de sommeil, les attouchements et «jeux» sexuels, les manipulations sensorielles, les exploitations des phobies personnelle…

Rue89Lyon est menacé ! Enquêter sur l’extrême droite, mettre notre nez dans les affaires de patrons peu scrupuleux, être une vigie des pouvoirs politiques… Depuis 14 ans, nous assurons toutes ces missions d’utilité publique pour la vie locale. Mais nos finances sont fragiles. Nous avons besoin de 30 000 euros au 16 avril pour continuer d’être ce contre-pouvoir local l’année prochaine.
En 2025, nous faisons face à trois menaces :
- Un procès-bâillon : nous allons passer au tribunal face à Jean-Michel Aulas, ex-patron de l’OL qui nous attaque en diffamation.
- Des réseaux sociaux hostiles : Facebook, X, mais aussi Google, ces plateformes invisibilisent de plus en plus les médias indépendants en ligne.
- La montée de l’extrême droite : notre travail d’enquête sur le sujet nous expose et demande des moyens. Face à Vincent Bolloré ou Pierre-Edouard Stérin qui rachètent des médias pour pousser leur idéologie mortifère, notre média indépendant est un espace de résistance.
Pour toutes ces raisons, nous avons besoin de votre soutien : abonnez-vous ou faites un don à Rue89Lyon !
Chargement des commentaires…