Le titre de « Capitale de la gastronomie », décerné par le gouvernement, a finalement tourné en prix attribué en juin 2013 à « un réseau« , incluant quasi toutes les villes qui avaient candidaté pour l’obtenir (soit Dijon, Pairs-Rungis et Tours). Le maire de Lyon avait avant cela essuyé une vexation, voyant son dossier être retoqué une première fois avant d’être amendé dans le cadre de ce réseau de villes gastronomiques.
Dans ces conditions, Gérard Collomb avait fait preuve d’une pointe de mépris assurant que, titre ou pas titre, Lyon concrétiserait de toute façon son dossier de candidature, consistant en un projet de « Cité de la gastronomie » en plein dans l’Hôtel Dieu, à l’horizon 2017. Il sous-entendait aussi que, dotée de son Sirha (salon international de la restauration, de l’hôtellerie et de l’alimentation), Lyon n’avait de leçon à recevoir de personne. D’autant moins que ce petit certificat gouvernemental n’a pas pour but d’apporter un kopeck aux villes sélectionnées.

Et en effet, le Sirha avec son lot de dîners de gala et concours de cuisine se tient donc à Lyon, il démarre même ce week-end, avec une nouveauté qui n’est pas des moindres : une ouverture faite au grand public, alors que l’événement était jusque là réservé aux professionnels.
Laurent Fabius et une salade de fruits sont dans un tunnel
C’est plus exactement à la première édition d’une « Biennale internationale du goût » que le public aura accès, lequel événement sera auréolé de la visite en grande pompe de Laurent Fabius.
Pas qu’au ministre des Affaires étrangères la bonne soupe, les Lyonnais pourront se faire couper une tranche du plus grand saucisson brioché du monde, goûter de la plus grosse salade de fruits du monde, boire un bol d’une énorme soupe cuisinée par Paul Bocuse. Tous ces performances « plus grosses du monde » seront donc testables moyennant quelques euros au cours d’un buffet, installé dans le tunnel modes doux de la Croix-Rousse, réquisitionné pour le coup.
Concernant le projet de « Cité de la gastronomie » à l’Hôtel Dieu (qui consiste en un regroupement de restaurants, boutiques, lieux d’expos…), Gérard Collomb a simplement indiqué que :
« Un comité d’orientation stratégique vient d’être créé. Il regroupe des professionnels et des partenaires autour du chef Régis Marcon, qui a accepté d’en être le président, et des élus Georges Képénékian et David Kimelfeld. »
Rien de spectaculaire dans cette annonce, si ce n’est que la « Cité de la gastronomie » qui devrait être financée principalement par le groupe Eiffage a été doté de pilotes. Dans un contexte budgétaire plus que serré, Gérard Collomb doit malgré tout être plutôt satisfait d’annoncer qu’une promesse de projet tel qu’il les affectionne, c’est à dire de maire « bâtisseur », verra bel et bien le jour.

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