Par AFP (via challenges.fr)
Le 9 octobre, notre confrère Slim Mazni qui enquête depuis de longs mois sur l’affaire dite des « ripoux de Véninissieux » a été entendu comme témoin. Au même moment, quatre de ses « sources » étaient placées en garde à vue au commissariat de Villeurbanne.
Ces interrogatoires sont la conséquence d’une rencontre, le 12 avril 2014 à Lyon, entre ces cinq personnes et un homme, témoin sous X, celui-là même qui a témoigné de l’existence d’un soit-disant « corrupteur » de policiers à Vénissieux, avant de se rétracter.
Filature pour un rendez-vous avec un journaliste
Selon Lyon Capitale, « une filature a été organisée ce 12 avril et des photographies du rendez-vous ont été prises ».
C’est dans le cadre d’une enquête préliminaire pour « violences volontaires avec préméditation sans ITT » que les « sources » de Lyon Capitale et le journaliste ont été entendus. Mais selon le parquet, cité par l’AFP (via challenges) « il n’est pas question d’atteinte à la confidentialité des sources ».
Ouverte fin juin, quelques jours après une agression du témoin sous X, cette enquête visait à déterminer si des protagonistes impliqués ou gravitant autour du dossier avaient pu se livrer à des « pressions pour l’amener à témoigner dans un certain sens », a expliqué le parquet :
« Le journaliste a été entendu d’ailleurs comme témoin, pour attester de la réalité de faits auxquels il a assisté et non pour ses sources. »
L’enquête devrait être classée sans suite très prochainement.
« La pseudo-atteinte aux sources n’est pas le sujet », a déclaré à l’AFP (via le parisien) le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP), Albert Doutre :
« Nous ne cherchons pas à identifier les sources puisque ces prétendues sources, nous les connaissions ».
Filature et convocation d’un journaliste par la police ainsi que quatre placements en garde à vue des ses sources, le directeur de publication de Lyon Capitale Didier Maïsto tire les conclusions dans un édito :
« Il s’agit d’une atteinte évidente au secret des sources des journalistes avec, pour y parvenir, la fabrication intégrale d’un dossier visant à discréditer notre titre et à l’inciter à aller enquêter ailleurs. »
A lire sur challenges.fr

Rue89Lyon est menacé ! Enquêter sur l’extrême droite, mettre notre nez dans les affaires de patrons peu scrupuleux, être une vigie des pouvoirs politiques… Depuis 14 ans, nous assurons toutes ces missions d’utilité publique pour la vie locale. Mais nos finances sont fragiles. Nous avons besoin de 30 000 euros au 16 avril pour continuer d’être ce contre-pouvoir local l’année prochaine.
En 2025, nous faisons face à trois menaces :
- Un procès-bâillon : nous allons passer au tribunal face à Jean-Michel Aulas, ex-patron de l’OL qui nous attaque en diffamation.
- Des réseaux sociaux hostiles : Facebook, X, mais aussi Google, ces plateformes invisibilisent de plus en plus les médias indépendants en ligne.
- La montée de l’extrême droite : notre travail d’enquête sur le sujet nous expose et demande des moyens. Face à Vincent Bolloré ou Pierre-Edouard Stérin qui rachètent des médias pour pousser leur idéologie mortifère, notre média indépendant est un espace de résistance.
Pour toutes ces raisons, nous avons besoin de votre soutien : abonnez-vous ou faites un don à Rue89Lyon !
Chargement des commentaires…