Une foule compacte s’est agglutinée aux abords de l’Espace Tête d’Or dès 19h30. Une photo de famille s’improvise pour les candidats UMP aux prochaines élections européennes, autour de Renaud Muselier, tête de liste pour la Région Sud-Est, suivie de l’eurodéputée Françoise Grossetête.
« On n’arrive pas à la fin de la réunion », ironise un militant, sourire aux lèvres. Après la pause photo, tout ce petit monde s’installe dans la salle. Divers élus trustent le premier rang. On claque quelques bises entre militants avant que Philippe Cochet, maire de Caluire et député de la 5ème circonscription, ne dégaine en premier:
« Il faut mettre une deuxième claque à François Hollande ».
François Hollande est sur une péniche
Ce lundi soir, le mot d’ordre a été très clair : tirer à boulets rouges sur l’actuel président de la République. Message reçu 5 sur 5. L’auditoire a apprécié. Les élus ont fait le boulot. C’est notamment le cas de Françoise Grossetête, députée européen et seconde sur la liste Sud-Est :
« La France pourrait devenir l’handicap de l’Europe. Elle a perdu de son poids depuis l’élection de François Hollande. Elle doit redevenir forte pour entraîner l’Europe ».
Affublé d’un accent marseillais, Renaud Muselier décoche quelques coups et n’imagine pas se coltiner « une double pleine en ayant un président de la Commission Européenne de gauche ».
L’ancien ministre, moqueur, raille notamment la péniche rose vif de Vincent Peillon, candidat PS, qui doit parcourir les différentes régions de la circonscription Sud-Est :
« Question symbole, la péniche, moyen… »
Rire général dans la salle ; ça fonctionne. Pendant ce temps, Emmanuel Hamelin twitte des photos, pas selfies mais presque, sur son smartphone :
La Marseillaise, « mais je n’aime pas chanter »
Un sondage récent donne le FN en tête le 25 mai prochain. Les premières impressions sont confirmées. Dans cette partie, l’UMP joue gros. Terminer derrière le mouvement frontiste sonnerait comme une humiliation. Alexandre Vincendet, très jeune nouveau maire de Rilleux-la-Pape (30 ans), et 13ème sur la liste, tente la critique :
« Le FN veut sortir de l’Europe, par contre on est là pour prendre de l’argent quand on est élu. Il y a un double langage ici. »
21h30, la salle reprend en coeur la Marseillaise. Philippe, lui, ne l’a pas fait. « Je n’aime pas chanter », lance ce lyonnais, à la retraite. Pour lui, la montée du FN est une source d’inquiétude :
« Le pire des scénarios serait la victoire du FN. Ce serait un désastre, car ils sont notamment contre l’Euro ».
Antoine attend patiemment aux abords de la salle. Il est venu accompagner son petit-fils de 17 ans, nouveau militant UMP.
« J’ai vécu la guerre durant mon enfance. Et je sais ce que cela veut dire l’Europe ».
Les tacles au PS et au FN ont un peu animé le meeting et son public. Peu de temps dédié au projet européen. L’affaire a été pliée rapidement ce lundi soir à Lyon.

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