Dans la note précédente, on avait envisagé deux types de concerts. Deux antagonismes absolus entre l’arnaque intégrale et le pied total. Mais, en homme de nuance, je suis obligé de souligner qu’il existe des entre-deux entre l’alpha et l’oméga que sont l’emo-punk et le concert en squat. Le concert de samedi au Trokson en est un très bon exemple.
La URSS, groupe de Barcelone, y jouait après Razor Rites, un petit groupe bien de chez nous. Pour ce dernier, malheureusement, la prestation a été trop courte : un arrêt au bar, et vous loupiez la moitié du concert. Le temps de récupérer votre demi à 4,70€, en comptant la consigne, c’était fini. Dommages, mais on se rattrapera.
Pour ce qui est des catalans, il y avait des décibels, de l’énervement, des pauses bière pour les artistes… Bref, deux, trois codes respectés qui laissent à penser qu’on est entre gens de qualités. Et pourtant.
Et pourtant un vague doute me prend, alors que je renifle la tignasse du chanteur, à 30 centimètres de mon orifice nasal. Tignasse qui ressemble à s’y méprendre à celle de Jim Morrison, période Backdoor Man. La prestation est sympa, là n’est pas le problème.
Les mecs suent toutes leurs particules fines de la journée en se défoulant sur leurs instruments. Et là, le chanteur est pris d’un déhanché diabolique qui fait le déclic : Mick Jagger ! Ce mec est un Mick Jagger catalan.
Bon, avec un nom de scène comme La URSS, on se serait plutôt attendu à une bonne provoc un peu plus assumée. Ou à une revendication socialisante qui claque bien. Genre Mick Jones et son brassard Red Brigades.
Moins punk-rock que rock-punk, les catalans font une prestation honnête, mais on reste encore un peu sur notre faim.
C’est pas grave, hasta siempre les gars.

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