Jérôme Safar, le socialiste arrivé en deuxième position, aurait normalement dû s’effacer. Mais non : dauphin du maire PS sortant Michel Destot, dont il était le premier adjoint, il a décidé de maintenir sa liste face à celle d’Eric Piolle.
Ce faisant, une quadrangulaire se prépare et Jérôme Safar prend le (certes, petit) risque d’une victoire de la droite, dans l’hypothèse où la raclée nationale contre les socialistes soit amplifiée au second tour.
Lui n’y croit pas une seconde : « Aucun risque », tranche-t-il au téléphone. La chose est difficilement imaginable dans cette ville ancrée à gauche, mais c’est déjà arrivé : « En 1983, on était allé faire du ski, on s’est retrouvé avec Alain Carignon pendant treize ans », maugrée un militant socialiste. Carignon, contre toute attente, avait détrôné l’historique maire Hubert Dubedout.
Valls, Ayrault… rien ni personne n’y a fait
ien des gens, en début de semaine, ont tenté de dissuader Jérôme Safar, mais en vain. Dès dimanche soir, Eric Piolle lui a proposé de faire liste commune au second tour, en répartissant les postes proportionnellement aux scores du premier tour. Puis, à l’instigation de la rue de Solférino, il a été proposé à Safar la présidence de la communauté d’agglo, « la Métro ». Une partie des socialistes locaux ont appuyé un rapprochement. Harlem Désir, qu’il a connu à SOS Racisme où il a fait ses premières armes, lui a téléphoné. Son ami Manuel Valls, qu’il connaît lui aussi depuis les années 80, l’a appelé, ainsi que Jean-Marc Ayrault lui-même. Safar n’en a pas démordu : trop de désaccords le séparent de Piolle. Question « d’honneur et de valeurs », a-t-il déclaré.
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