Les ex-Lejaby, couturières restées sur le carreau à la suite de la liquidation de l’entreprise de lingerie, étaient devenues en pleine campagne présidentielle un véritable enjeu politique.
Quelques unes s’étaient alors retrouvées embarquées dans l’intéressant projet des Atelières. Soit un atelier de couture de luxe, aux murs décorés par une multitude de cocardes bleu blanc rouge symbolisant le fameux « made in France », rengaine politique de cette période politique particulière.
Lundi 3 mars, Muriel Pernin, présidente fondatrice des Atelières, a envoyé un communiqué en forme d’avis de décès, informant la mort dans l’âme du rendez-vous administratif pris au tribunal de commerce, ce vendredi 7 mars, pour demander la liquidation de l’entreprise, un peu plus d’un an après son lancement.
Elle indiquait, dans des termes durs, trois raisons qui ont abouti à cette décision :
- le refus des banques de les soutenir, malgré des financements programmés ;
- le fait de n’avoir pas pu bénéficier des dispositifs d’innovation ;
- des circuits non-adaptés à la fabrication luxe, copiés sur les traditionnels circuits de la filière textile.
Très amère, Muriel Pernin décrivait dans son communiqué (reproduit ci-dessous) ce qui s’apparente à un système incapable de se renouveler et conclut ainsi :
« Dans notre pays la fabrication française est un grand mensonge. Les produits made in France sont souvent conçus à l’étranger et finalisés en France. »
Un branle-bas de combat médiatique accompagné d’une souscription lancée sur les réseaux sociaux n’ont pas pu être ignorés d’Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif et de Benoît Hamon, ministre délégué à l’Economie sociale et solidaire, tous deux signataires d’un communiqué envoyé ce mercredi 5 mars et gravement intitulé « L’Etat ne lâche pas les Atelières ».
Après un rendez-vous pris à Bercy, le mercredi soir, l’affaire semble mieux engagée. Muriel Pernin se disait soulagée ce jeudi matin, assurant avoir eu des garanties « pour le moyen terme » de la part de la Banque publique d’investissement et de banques, relate leprogres.fr.

Enquêter sur l’extrême droite, mettre notre nez dans les affaires de patrons peu scrupuleux, être une vigie des pouvoirs politiques… Depuis 14 ans, nous assurons toutes ces missions d’utilité publique pour la vie locale. Mais nos finances sont fragiles. Nous avons besoin de 30 000 euros au 16 avril pour continuer d’être ce contre-pouvoir local l’année prochaine.
En 2025, nous faisons face à trois menaces :
- Un procès-bâillon : nous allons passer au tribunal face à Jean-Michel Aulas, ex-patron de l’OL qui nous attaque en diffamation.
- Des réseaux sociaux hostiles : Facebook, X, mais aussi Google, ces plateformes invisibilisent de plus en plus les médias indépendants en ligne.
- La montée de l’extrême droite : notre travail d’enquête sur le sujet nous expose et demande des moyens. Face à Vincent Bolloré ou Pierre-Edouard Stérin qui rachètent des médias pour pousser leur idéologie mortifère, notre média indépendant est un espace de résistance.
Pour toutes ces raisons, nous avons besoin de votre soutien : abonnez-vous ou faites un don à Rue89Lyon !
Chargement des commentaires…