Céréalier en Charente, Paul François a baigné dans l’agriculture intensive. Victime d’un accident lors de la manipulation d’un herbicide, l’agriculteur attaque son fabricant, Monsanto. Et gagne le procès devant le tribunal de grande instance de Lyon.
L’homme qui fait vaciller le géant de l’agrochimie n’est pourtant pas encore sorti des pesticides. Critiqué par ses pairs pour ne pas s’être converti au bio, soucieux de maintenir son rendement, il expérimente aujourd’hui des alternatives au tout chimique, relate Bastamag.
Suite à ce qu’il nomme « l’accident » (après une mauvaise « manip », il inhale du monochlorobenzène, un composant du Lasso, cet herbicide fabriqué et commercialisé par le géant Monsanto), il remporte une première bataille judiciaire contre Monsanto.
Lui et son associé ont fait le choix d’aller vers une autre agriculture, « de façon progressive » insiste t-il. Il est impératif pour lui de maintenir son rendement « tout en faisant un blé qui soit le plus sain possible, avec des méthodes ayant le moins d’incidence sur la santé ».
Il ne s’interdit pas l’utilisation de molécules de synthèse, mais la chimie n’arrive qu’en dernier recours. « On s’est rapprochés notamment de nos collègues éleveurs et on fait des échanges de bons procédés : je leur fournis la paille et eux me fournissent du fumier. » De quoi lui faire économiser 30 tonnes d’engrais de synthèse en 2012.
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