patrons de bars et gérants de discothèques ont monté une opération de communication d’un genre nouveau : « Monter l’ambiance… Baisser le son ».
L’initiative se voulait originale : sillonner Lyon la nuit à bord d’un bus spécialement affrété pour l’occasion. Plusieurs établissements ont fait office d’escales, notamment en proposant deux espaces sonores à la clientèle : une zone à 105 décibels, volume habituel dans les boîtes de nuit, et une autre à 90 décibels, limite tolérée par nos oreilles.
Les représentants de la nuit et les élus lyonnais. Crédit : Jane-Amondi Odhiambo
Photo de groupe et coups gratuits, l’ambiance s’apparentait plus à une tournée des bars qu’à une opération de santé publique. Jean-Louis Touraine (le premier adjoint) excusé, Céline Faurie-Gauthier, la conseillère municipale déléguée à la prévention santé, représentait la Ville de Lyon avec l’élu du 3e, Jérôme Maleski. Elle faisait partie de la dizaine de personnes (et autant de journalistes) qui trinquaient. Mais elle n’avait pas pour autant oublié sa partition :
« Nous voulons amener des solutions scientifiques à ce problème de santé publique, en alliant réalité économique des établissements de nuit et réalité sociétale des jeunes qui ont envie de s’amuser. La parole porte mieux auprès d’eux si elle vient des professionnels de la nuit, plutôt que des adultes en général. »
Mais lorsque les élus et les patrons de la nuit lyonnaise se sont arrêtés sur une péniche, elle sonnait vide. Les « jeunes » avaient préfér é se réunir sur les berges du Rhône. Ils étaient donc loin d’entendre une quelconque bonne parole.
Dancefloor désert et rosé offert
Deuxième escale, deuxième piste de danse déserte. Normal, la boîte de nuit a été spécialement ouverte pour l’opération de com’. Après un tour sur le dancefloor, la conseillère municipale demandait presque du gros son :
« On constate quand même qu’on a envie de danser à partir de 100 dB ! »
Cette soirée avait également des airs de scène de rabibochage entre la Ville de Lyon et les établissements de nuit, après la signature de la Charte de la vie nocturne, en mars dernier. Aujourd’hui, à en croire Laurent Duc, président de l’Union des métiers de l’industrie et de l’hôtellerie (UMIH), les professionnels de la nuit sont devenus copains comme cochons avec les élus lyonnais :
« L’objectif est de faire des nuits lyonnaises les plus belles, et les plus responsables nuits de France. »
Bouchons auditifs, montée progressive du volume tout au long de la soirée… Différentes actions ont donc été mises en place dans 26 établissements, faisant de Lyon une « ville-pilote ». Cette expérience pourrait être reproduite dans plusieurs grandes villes françaises avant la fin de l’année, si elle s’avère efficace. Mais encore faut-il pouvoir mesurer concrètement cette efficacité.
Contrôles surprises dans les établissements ? Arrêté municipal ? La Ville de Lyon a toutefois promis un bilan de cette expérience en septembre.

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