Les candidats enchaînent en ce moment les conférences de presse, répétant à peu de choses près ce qu’ils disent depuis plusieurs semaines. Les coups en dessous de la ceinture étant interdits, ils restent confinés dans leur propos, obligés de ré-étaler d’hypothétiques idées d’ébauches de programmes qui devront dans tous les cas repasser à la moulinette de la fédération et du parti d’ici septembre prochain.
Pas très haletante, cette campagne UMP. Parmi les candidats, certains paraissent même exaspérés de devoir jouer au jeu de « l’électeur qui choisit”, quand le militant lui-même n’est pas tellement demandeur, et qu’il lui tarde de ferrailler contre son homologue de gauche.
Tu t’excuses sinon je balance
Heureusement, pour pimenter un peu les échanges, il y a celle qui est pudiquement appelée “la novice en politique”. Myriam Pleynard, juriste de 44 ans qui a quitté son emploi “pour se lancer en politique” et n’a, en effet, jamais exercé de mandat pas plus qu’elle n’a une fois dans sa vie grenouillé dans les couloirs du parti ni même de la fédération du Rhône.
Une sorte d’outsider qui présente, en sus, des idées très sociales –telles qu’une vraie politique d’intégration des Roms, que Gérard Collomb ne pourrait pas même envisager d’évoquer un jour.
Nouvelle-née en politique, elle l’est aussi dans la gestion de sa campagne. Myriam Pleynard s’offusque depuis quelques jours de l’apparition d’une page Facebook affublée du logo UMP et qui présenterait “tous” les candidats à cette primaire, mais n’en montre que quatre et omet sa photo.
Pour elle, le coup bas vient directement d’un membre de l’équipe de Georges Fenech, et elle menace donc de balancer tous les noms et de saisir la commission si elle ne reçoit pas d’excuses . Tic tac, le temps passe.
La menace fait doucement sourire les autres candidats, qui ont parfois eu du mal à cacher, lors d’un premier débat télévisé notamment, leur exaspération à voir cette candidate bénéficier d’une tribune équivalente à la leur.
Myriam Pleynard s’est donc fendue d’une série de communiqués de presse. Au fur et à mesure des heures, le ton s’est atténué, l’énervement dégonflé. Et au fait, apprend-on dans le dernier communiqué, il y a un directeur de campagne dans cette équipe, comme chez les autres, et on peut l’appeler si besoin.
Et si tous les socialistes allaient voter à la primaire UMP ?
Un lecteur anonyme, qui se présente comme un “militant UMP” a transmis à la rédaction de Rue89Lyon un courrier dans lequel il s’inquiète sérieusement de ce que Myriam Pleynard puisse devenir, à l’issue de cette primaire, la candidate de la droite pour Lyon. La teneur du courrier pourrait faire croire qu’il s’agit plutôt d’un militant socialiste plaisantin, en tout cas mal déguisé :
« Qu’adviendra-t-il si les militants socialistes et les forces de gauche comprennent l’opportunité historique qui leur est offerte et se déplacent en masse pour participer à la primaire ?
Si seulement 1% des 300 000 électeurs lyonnais décidait de se rendre aux urnes pour voter pour Mme Pleynard, celle-ci totaliserait à elle seule plus de suffrages que ses concurrents réunis et pourrait l’emporter dès le premier tour. Une telle mobilisation anéantirait pour longtemps les efforts de reconstruction de l’UMP déjà affaiblis par de récentes guerres fratricides.
Si Mme Pleynard était investie lors du vote du 2 juin 2013, sa désignation provoquerait un séisme dont l’UMP peinerait à se relever. Si les forces de gauche se mobilisent en masse lors du premier tour, c’est bel et bien l’acte de décès de l’UMP qui pourrait être signé ce jour-là. »
Un scénario cocasse mais assez peu probable.
Un Brice Hortefeux pour une candidate “sarkozienne”
Heureusement, dans cette campagne, il y a aussi les tentatives de coups d’éclat, comme celui de Nora Berra. L’ancienne secrétaire d’Etat à la Santé s’adjoint le soutien d’un ex-ministre et collègue, Brice Hortefeux, présenté désormais comme le président de l’association des Amis de Nicolas Sarkozy.
Par ce biais, la lyonnaise tente de faire planer sur sa candidature l’ombre de l’ex-président, toujours adulé voire espéré en sauveur pour 2017 dans son parti. Nora Berra, en se faisant passer pour la candidate sarkozienne, imagine rafler l’auréole de la légitimité.
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