« La préfecture du Rhône, comme partout en France, poursuit la politique du pire : expulsions, assignations à résidence, interdictions de territoire « .
Dans son communiqué, le Réseau éducation sans frontières (RESF) n’y va pas avec le dos de la cuillère pour appeler à une manifestation, au départ de la Guillotière, le quartier cosmopolite de Lyon, ce samedi 25 mai.
Pour appuyer son propos, RESF dresse la « chronique de l’intolérable du quinquennat du successeur de Nicolas Sarkozy ».
Parmi ces derniers cas, il y a celui de Mohamed arrivé en France en septembre 2012, en provenance de Guinée Conakry.
Depuis septembre, il est en classe de 4e au collège Jean-Jacques Rousseau de Tassin la Demi-Lune. Il dit avoir 16 ans. Il n’a aucun parent en France. Il entre dans la catégorie des « mineurs isolés étrangers ». Ceux que le conseil général a obligation de prendre en charge au nom de l’aide sociale à l’enfance.
Mais la Police aux frontières (PAF) doute de la sincérité de son âge. Le 21 mai dernier, pendant un contrôle de routine, les policiers de la PAF ont reconnu des faux papiers et l’ont placé en garde à vue pour lui faire passer des tests osseux afin de déterminer son âge. Les tests révèlent qu’il aurait au moins 21 ans.
Le procureur de la République a ce jeudi décidé de poursuivre Mohamed pour faux et usage de faux documents d’identité et tromperie sur son âge.
Jeudi, lors de la comparution immédiate, Mohamed a reconnu avoir utilisé des faux papiers, mais déclare toujours avoir 16 ans depuis son arrivée en France. Il a demandé (et obtenu) le renvoi de son procès pour préparer sa défense.
Son avocat veut notamment faire valoir que les tests osseux pratiqués sur Mohamed sont très controversés. Le Défenseur des droits, Dominique Baudis, a récemment estimé que, « compte tenu de leur fiabilité déficiente », ces tests ne doivent pas « à eux seuls servir de fondement à la détermination de l’âge » .
Depuis son arrestation, c’est la majorité de la communauté éducative du collège de Tassin qui le soutient. Ce qui lui a permis d’éviter, jusqu’à présent, la case prison.
Quant à RESF, ses militants « dénoncent la traque des mineurs étrangers isolés dont Mohamed fait actuellement le frais. Cette traque est un des volets de la politique d’immigration du gouvernement Hollande ».

Enquêter sur l’extrême droite, mettre notre nez dans les affaires de patrons peu scrupuleux, être une vigie des pouvoirs politiques… Depuis 14 ans, nous assurons toutes ces missions d’utilité publique pour la vie locale. Mais nos finances sont fragiles. Nous avons besoin de 30 000 euros au 16 avril pour continuer d’être ce contre-pouvoir local l’année prochaine.
En 2025, nous faisons face à trois menaces :
- Un procès-bâillon : nous allons passer au tribunal face à Jean-Michel Aulas, ex-patron de l’OL qui nous attaque en diffamation.
- Des réseaux sociaux hostiles : Facebook, X, mais aussi Google, ces plateformes invisibilisent de plus en plus les médias indépendants en ligne.
- La montée de l’extrême droite : notre travail d’enquête sur le sujet nous expose et demande des moyens. Face à Vincent Bolloré ou Pierre-Edouard Stérin qui rachètent des médias pour pousser leur idéologie mortifère, notre média indépendant est un espace de résistance.
Pour toutes ces raisons, nous avons besoin de votre soutien : abonnez-vous ou faites un don à Rue89Lyon !
Chargement des commentaires…