Il n’aura pas fallu attendre longtemps. Lundi, quelques heures après la mort de trois Roms dans l’incendie de leur squat, Manuel Valls avait appelé à la « poursuite des démantèlements des campements ».
Ce mardi matin, une trentaine de Roms de Roumanie ont été expulsés par la police d’un terrain squatté à Saint-Priest dans la banlieue est de Lyon.
Selon la préfecture du Rhône (citée par l’AFP via liberation.fr), l’évacuation s’est déroulée «dans le calme». Ce qui a été confirmé par les associations présentes sur place.
Sur la cinquantaine de personnes que comptait ce bidonville, seuls 27 Roms se trouvaient alors sur place.
Cet ancien terrain de rugby, cédé à la société de construction d’ouvrages de génie civil Neximmo42, était occupé depuis le 28 août dernier.
Dans un jugement du 26 novembre 2012, le tribunal de grande instance de Lyon avait donné un délai de trois mois pour quitter les lieux.
Selon le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), « cette expulsion est une fois de plus la preuve de la non application de la circulaire du 26 août 2012 qui prévoit un diagnostic et des solutions d’hébergement ».
Le MRAP précise que plusieurs familles sont présentes depuis sept ans sur le territoire français et pourraient « être régularisées ».
Comme il l’avait déjà fait dernièrement pour des Roms expulsés d’un terrain à Villeurbanne, le curé de Gerland s’est engagé à accueillir la trentaine de personnes (dont une quinzaine d’enfants) qui restaient sur les lieux, compte tenu de la saturation du 115.
Ces six familles avaient été expulsés en août 2012 d’un autre terrain de Saint-Priest. Elles avaient donc trouvé un autre endroit à occuper, à quelques centaines de mètres de leur précédent bidonville.

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