Le film, diffusé dans son intégralité sur Rue89Lyon, démarre sur le constat sombre d’un écoutant du 115. « Surpris » par le calme que les personnes sans abri qui appellent conservent. Réalisé pour l’association Un toit pour tous, « Face à l’urgence » donne la parole aux acteurs des dispositifs d’urgence sociale de Grenoble, s’attachant à une mission à la fois concrète, quotidienne et démentielle.
Image extraite du documentaire de Samuel Favier « Face à l’urgence ».
En hiver le 115 en Isère reçoit entre 80 et 120 demandes d’hébergement d’urgence par jour. Pour l’écoutant du documentaire, celui qui se trouve à l’autre bout du fil et doit la plupart du temps répondre qu’il n’a pas de solution, le calme des demandeurs d’hébergement pour la nuit qui arrive « fait souvent plus mal que la colère ». Un motif, selon lui : la résignation de ceux qui ont appelé plusieurs fois, depuis dix jours, un mois ou une année.
Les paroles de bénévoles, d’éducateurs et d’associatifs exerçant dans des structures d’hébergement et d’organisation de maraudes, se succèdent dans le film de Samuel Favier. Le vidéaste multiplie ces voix sans ouvrir sur une réponse politique. Et le sentiment en entrant dans chacune de ces structures qui accueillent, recueillent, servent des repas, reste celui d’une gestion de l’impuissance au quotidien.
La question ubuesque des demandeurs d’asile et de la gestion de ces personnes dont le nombre ne serait pourtant pas en augmentation est aussi abordée plus précisément, rappelant que 90% des dossiers sont rejetés. Celle de ce qui est pudiquement appelé « les situations administratives complexes » également.
Et toujours, aux lèvres, les expressions « strict minimum » ou « on ne peut faire guère plus ». Un documentaire à retrouver dans son intégralité ci-après.
Face à l’urgence – Un toit pour tous from Keep It Up on Vimeo.
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