Outre ses qualités nutritionnelles la gelée royale constitue un marché lucratif. Certains sites mettent en avant le « made in France », quand d’autres jouent sur la production familiale locale « depuis plusieurs générations ». Les apiculteurs du Groupement des producteurs de gelée royale (GPGR), agacés de voir des sites Internet afficher fièrement les origines d’une production qui leur semblait douteuses ont mené leur propre enquête en étudiant des pots de gelée royale commandés sur 34 sites internet différents .
Et les résultats sont édifiants : 98 % de la gelée royale vendue en France, sur internet et par correspondance, serait importée d’Asie, et surtout de Chine. Recours à des antibiotiques interdits, congélations à répétition, nourriture artificielle : le flou qui règne sur la traçabilité de certains produits risque d’entacher l’image de toute la filière.
Pour Rémy Pélissier, producteur dans la Berry et co-fondateur du GPGR, l’origine du produit serait volontairement cachée :
« Elle est toujours marquée dans un coin, en tout petit. Mais ce qui nous met la puce à l’oreille c’est le prix ».
D’autant que plusieurs problèmes sanitaires entachent la filière. En janvier 2002, la Commission européenne décide d’un embargo sur le miel et la gelée royale provenant de Chine, qui contenaient des résidus de traitements d’antibiotiques interdits en Europe, rappelle Bastamag.net. Depuis la levée de l’embargo en 2004, des lots de gélules de gelée royale en provenance de Chine ont été interceptés, notamment en Grande-Bretagne et en Slovénie en 2008. Ils contenaient du chloramphénicol, un antibiotique interdit en Union européenne dans les produits d’origine animale.
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