Après leur expulsion d’un bidonville, dix familles de Roms avait obtenu jeudi 4 avril du tribunal administratif de Lyon leur relogement. Le préfet du Rhône avait quatre jours pour s’exécuter.
Ce délai se terminait ce lundi après-midi. Pendant deux jours de plus, les familles n’avait toujours pas pu accéder à un foyer d’hébergement d’urgence.
Mais mardi soir, leur avocate, Céline Amar a annoncé à l’AFP (via leparisien.fr) que ces familles allaient être relogées, prises en charge par l’une des associations missionnées par la préfecture du Rhône. Céline Amar a déclaré à l’AFP que « cette affaire représente une victoire pour ces familles qui ont saisi le tribunal » :
« C’est une victoire du droit et de son exécution. Ceux qu’on appelle les Roms sont des êtres humains qui ont des droits mobilisables, des droits suivis d’effets ».
Contactée, la préfecture du Rhône, répond invariablement qu’« elle ne communique pas sur ce sujet ».
Ce mardi matin, le père Jean-Claude Servanton, qui jusque là accueille la cinquantaine de personnes (dont 26 enfants) dans sa paroisse de l’église de la Résurrection (Villeurbanne), avait déclaré à 20 Minutes (papier) que la préfecture était en train de « finaliser un projet » :
« En attendant, la préfecture m’a demandé de les héberger deux nuits de plus ».
Lundi, dans un communiqué, le MRAP et l’association « Enfant sans toit » parlait d’une « double violation de la loi par le préfet » :
« Une première fois en jetant à la rue des familles et en leur refusant un hébergement d’urgence, une seconde fois en ne respectant pas le jugement qui lui ordonnait de leur trouver un hébergement adapté ».
>Mis à jour le 10 avril à 0h suite aux déclarations de l’avocate des familles

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