Rassemblement des salariés du Virgin de Lyon le 9 janvier. Jérémy El Mlaka/Rue89Lyon
Le groupe, avec ses 22 millions d’euros de dette, a cessé de verser ses loyers aux bailleurs de certains des 26 magasins qu’il possède. Pour Butler Capital Partners, l’actionnaire principal, la faute revient à la dégradation du marché du disque et à une concurrence accrue d’Internet.
Etienne Bloch, délégué du personnel et membre du comité d’entreprise, ne s’émeut pas des raisons invoquées par Butler pour justifier une situation qui n’est pas nouvelle et qui, selon lui, aurait pu être anticipée :
« Le fait que le groupe cède des actifs si vite laissait présager un tel coup de Trafalgar. Il y aurait bien des stratégies pour remonter la barre mais elles sont longues et Butler trouve que c’est trop cher. Il ne prendra pas en charge le volet social. Ce ne sont pas seulement les conséquences de la crise qui ont précipité la baisse de la consommation, mais aussi la gestion court-termiste de l’actionnaire ».
Un actionnaire qui n’aurait pas réussi à prendre convenablement le virage numérique.
De 85 à 30 salariés en dix ans
Suite au dépôt de bilan, le Tribunal de commerce nommera un administrateur judiciaire. La suite consistera soit en un redressement soit en une liquidation. En cas de liquidation judiciaire, les salariés sont certains que Virgin, en cessation de paiement, ne leur versera rien. Leur inquiétude : « être licenciés sans indemnité ». Pour un salarié, présent au sein du groupe depuis 12 ans, c’est la douche froide :
« On s’attend au pire. Après les articles parus dans la presse, la direction (à Lyon) nous a expliqué ce qui pourrait nous arriver si on ne trouvait pas de repreneur dans les 3 à 6 mois. Les 26 magasins fermeront ».
Ouvert en mars 2000, le Virgin de la rue Edouard Herriot employait, à ses débuts, plus de 80 salariés. Aujourd’hui, ils ne sont plus qu’une trentaine à y travailler.

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