Pour la première fois depuis le retour des socialistes au pouvoir, les salariés étaient appelés à manifester.
CGT organisait, ce mardi, huit manifestations pour «la défense de l’emploi et de l’industrie», dans le cadre de la journée européenne des travailleurs de l’industrie.
A Lyon, 3 500 (selon la police), et 10 000 personnes (selon la CGT) ont rallié à la mi-journée la place des Cordeliers au départ de Jean-Macé (Lyon 7e). Avec 25 cars venus de toute la région, tous les départements étaient représentés ainsi que la plupart des grandes entreprises (Altran, Sanofi ou JTeckt) et des grands services publics (hôpitaux, CAF ou les municipaux).
En tête du cortège, les ex-salariés de Veninov de Vénissieux. Toujours en attente du redémarrage du site industriel promis pour cet automne par le repreneur, le groupe autrichien Windhager.
Une manière pour Amar Lagha, membre de la direction confédérale de la CGT, de montrer que « la lutte paye » puisque les Veninov ont occupé pendant de longs mois leur usine avant d’obtenir gain de cause. Pour paraphraser un slogan repris en boucle, il explique que « de l’argent, il y en a dans les poches du patronat ». Une meilleure répartition des richesses serait, pour lui, un préalable :
« Nous voulons montrer que la solution à la crise de l’industrie n’est pas dans la recherche de toujours plus de flexibilité pour les travailleurs. Nous avons changé de président. Nous ne voulons pas avoir la même politique que sous Sarkozy. Le gouvernement a reculé face au lobbying des patrons. Nous aussi, nous allons construire le rapport de force ».
Juste derrière les Veninov ont défilé les salariés de Camiva-Iveco de Chambéry dont l’usine de camions de pompiers va fermer à la fin de l’année 2012 (130 personnes sur les 170 seront licenciées).
Pour eux, cette manifestation ressemblait plutôt à un cortège funéraire. Une salariée raconte :
« J’ai sept ans d’expérience au bureau d’étude. J’ai commencé à chercher un job. Impossible d’en trouver. Il n’y a plus rien. »

Enquêter sur l’extrême droite, mettre notre nez dans les affaires de patrons peu scrupuleux, être une vigie des pouvoirs politiques… Depuis 14 ans, nous assurons toutes ces missions d’utilité publique pour la vie locale. Mais nos finances sont fragiles. Nous avons besoin de 30 000 euros au 16 avril pour continuer d’être ce contre-pouvoir local l’année prochaine.
En 2025, nous faisons face à trois menaces :
- Un procès-bâillon : nous allons passer au tribunal face à Jean-Michel Aulas, ex-patron de l’OL qui nous attaque en diffamation.
- Des réseaux sociaux hostiles : Facebook, X, mais aussi Google, ces plateformes invisibilisent de plus en plus les médias indépendants en ligne.
- La montée de l’extrême droite : notre travail d’enquête sur le sujet nous expose et demande des moyens. Face à Vincent Bolloré ou Pierre-Edouard Stérin qui rachètent des médias pour pousser leur idéologie mortifère, notre média indépendant est un espace de résistance.
Pour toutes ces raisons, nous avons besoin de votre soutien : abonnez-vous ou faites un don à Rue89Lyon !
Chargement des commentaires…