Les socialistes ne sont pas les seuls à avoir gagné ce week-end. Dans les tuyaux depuis le mois de février, la reprise est désormais officielle depuis le 4 mai : l’usine Veninov de Vénissieux (d’Alkor Venilia) sera reprise par le groupe autrichien Windhager. Ainsi en a jugé le tribunal de commerce de Nanterre.
Ce projet prévoit le redémarrage de la production pour le mois de septembre, avec la reprise de 40 à 50 salariés sur 88 dans un premier temps et des investissements de 20 millions d’euros sur 3 ans.
Veninov était placée en liquidation judiciaire depuis juillet 2011. Les salariés occupaient depuis cette date le site pour éviter le démantèlement des machines. C’est au cri de « on a gagné » que la décision du tribunal de commerce a été annoncée.
Les collectivités locales étaient très investies sur ce dossier. Outre la mairie de Vénissieux, le conseil régional en décembre et la communauté urbaine de Lyon en janvier avaient voté une aide pour un montant total de 140 000 euros pour assurer le gardiennage et le chauffage de l’usine.
Le préfet du Rhône, Jean-François Carenco a « salué ce résultat très positif », dont il dit partager une part de la paternité :
« Depuis 18 mois, l’Etat s’est beaucoup investi sur ce dossier en organisant notamment, une première table ronde (8 au total) en décembre 2010, et en accompagnant un premier projet de reprise par Windhager en mars 2011. »
Toutes les procédures ne sont pas pour autant terminées. Une procédure concerne directement le fonds d’investissement américain Gordon Brothers, qui avait accordé fin 2010 un prêt de 9,7 millions d’euros au groupe allemand Alkor Venilia, à l’époque propriétaire de Veninov.
Le liquidateur réclame 88 millions d’euros à Gordon Brothers, qu’il estime responsable de la faillite. Une enquête pénale a également été ouverte suite à une saisine par le préfet du Rhône qui considère que le prêt de Gordon Brothers était « illégal et réalisé dans des conditions léonines ».

Enquêter sur l’extrême droite, mettre notre nez dans les affaires de patrons peu scrupuleux, être une vigie des pouvoirs politiques… Depuis 14 ans, nous assurons toutes ces missions d’utilité publique pour la vie locale. Mais nos finances sont fragiles. Nous avons besoin de 30 000 euros au 16 avril pour continuer d’être ce contre-pouvoir local l’année prochaine.
En 2025, nous faisons face à trois menaces :
- Un procès-bâillon : nous allons passer au tribunal face à Jean-Michel Aulas, ex-patron de l’OL qui nous attaque en diffamation.
- Des réseaux sociaux hostiles : Facebook, X, mais aussi Google, ces plateformes invisibilisent de plus en plus les médias indépendants en ligne.
- La montée de l’extrême droite : notre travail d’enquête sur le sujet nous expose et demande des moyens. Face à Vincent Bolloré ou Pierre-Edouard Stérin qui rachètent des médias pour pousser leur idéologie mortifère, notre média indépendant est un espace de résistance.
Pour toutes ces raisons, nous avons besoin de votre soutien : abonnez-vous ou faites un don à Rue89Lyon !
Chargement des commentaires…