Crédit photo : MaxPPP / Francis Apesteguy
Ce mardi, Raymond Aubrac, 97 ans, l’une des grandes figures de la résistance, est décédé à l’hôpital militaire du Val de Grâce. Avec sa femme Lucie, morte en 2007, il ont formé un couple emblématique de la Résistance, en contribuant notamment à l’élaboration de « Libération », journal clandestin dont l’apparition, en juillet 1941, a préfiguré le grand mouvement « Libération-Sud ». Intégré au commandement de l’Armée Secrète du général Delestraint, Raymond Aubrac faisait partie des Résistants arrêtés à Caluire avec Jean Moulin par la Gestapo, le 21 juin 1943.
Né le 31 juillet 1914 à Vesoul (Haute-Saône), de son vrai nom Raymond Samuel, Raymond Aubrac, était resté un citoyen très actif. Engagé à gauche, en février 2008, il avait réalisé un discours défendant la laïcité, lors du meeting de campagne de Bertrand Delanoë pour les municipales. Il avait également appelé à voter François Hollande au premier tour de la prochaine élection présidentielle. Il avait publié en 1996 son autobiographie : « Où la mémoire s’attarde ».
A qui appartient Raymond Aubrac ?
Depuis l’annonce de son décès, à Lyon, les réactions pleuvent et tout le monde se réclame de ce héros de la Résistance. Du côté du parti socialiste, Gérard Collomb, maire de Lyon, et Jean-Jack Queyranne, président du conseil régional, mettent en avant ses valeurs « humanistes » et « républicaines.
Les communistes ne laissent bien sûr pas leur part au chien. Pour André Gerin, le député « anti-burka » du Rhône, et Michèle Picard, la maire de Vénissieux, entament leurs communiqués de la même façon, estimant que « tout au long de sa vie, Raymond Aubrac fut compagnon de route du Parti communiste français. » Qui n’a toutefois pas appelé à voter Jean-Luc Mélenchon pour la prochaine présidentielle.
A droite, c’est par la voix de Michel Mercier (Modem mais soutien du candidat UMP Nicolas Sarkozy à la présidentielle), que l’on rend hommage à Raymond Aubrac qui, « de son rôle durant la seconde guerre mondiale à ses actions d’aujourd’hui, doit être un exemple pour chacun d’entre nous. »
Le journaliste Daniel Schneidermann sur son blog Rue 89, se gausse des envolées lyriques des élus, et se fait petite souris dans leurs cabinets :
« Imaginer, dans les minutes, les heures qui viennent, comment « lacampagne » va fondre sur la nouvelle, la dépecer, la digérer. Les voir comme si on y était, les petits malins des QG, trousser les hommages les plus calibrés. Ah, ça va les changer du permis de conduire !
Pour le plaisir, le petit plaisir, imaginer les suées du préposé à l’hommage, de chez Sarkozy. Les imaginer supputant comment un calibrage idoine de l’hommage national pourrait leur faire regagner un demi-point d’intentions de vote. »

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