Le ping-pong politique autour de la reprise des sites industriels Lejaby connaît un nouveau rebondissement. Le député socialiste Arnaud Montebourg était cet après-midi en visite à l’usine de Bourg-en-Bresse. Il est venu y présenter, en compagnie d’Assya Hiridjee, soeur de la fondatrice de la marque de lingerie Princesse Tam Tam, un projet de lancement d’une nouvelle marque qui serait produite sur le site de l’usine, fermé depuis fin 2010. Ce programme de reprise inclurait l’emploi d’une cinquantaine des 88 anciens salariés, et devrait voir le jour d’ici à l’automne 2012. Un rencontre entre Jean-François Carenco, préfet de la région Rhône-Alpes et Assya Hiridjee devrait d’ailleurs intervenir le 12 mars prochain dans le but d’examiner la faisabilité du projet.
Bien qu’elle se réjouisse d’une telle avancée, Janine Caillot, secrétaire CGT du comité central d’entreprise Lejaby, s’est toutefois dite déçue que le syndicat n’ait pas été invité à prendre part aux discussions, ou du moins consulté. Elle juge la méthode employée « irrespectueuse vis-à-vis des licenciés de l’entreprise ». Pour elle :
« Cette solution est avant tout le résultat de la lutte des ex-salariés ».
M. Montebourg et Mme Hiridjee avaient, à l’origine, imaginé établir cette activité sur le site de l’usine Lejaby d’Yssingeaux, un temps voué à la fermeture par décision du tribunal de commerce de Lyon. Un projet alors remisé dans les cartons après l’annonce de reprise de l’usine de Haute-Loire par Sofama, un fournisseur auvergnat du numéro un de l’industrie du luxe LVMH. Finalement ce sera bien à Bourg-en-Bresse que le projet pourrait prendre forme.
Mais malgré ces annonces Janine Caillot reste lucide :
« Une solution à été trouvée car nous sommes en période de campagne électorale », regrette-elle en dénonçant une « récupération politique ». « Mais cela reste une bonne nouvelle pour le maintien d’un savoir-faire français ».
Pourtant, pour les Lejaby de Rillieux-la-Pape, le problème demeure le même. Les 135 salariés licenciés restent toujours sur le carreau.
« On espère dans la foulée de ces reprises qu’on aura d’autres propositions pour Rillieux , avance la secrétaire CGT. Monsieur le préfet Carenco nous a dit qu’il y avait des pistes, mais malheureusement pour les ex-salariés il n’y a toujours rien de concret ».

Enquêter sur l’extrême droite, mettre notre nez dans les affaires de patrons peu scrupuleux, être une vigie des pouvoirs politiques… Depuis 14 ans, nous assurons toutes ces missions d’utilité publique pour la vie locale. Mais nos finances sont fragiles. Nous avons besoin de 30 000 euros au 16 avril pour continuer d’être ce contre-pouvoir local l’année prochaine.
En 2025, nous faisons face à trois menaces :
- Un procès-bâillon : nous allons passer au tribunal face à Jean-Michel Aulas, ex-patron de l’OL qui nous attaque en diffamation.
- Des réseaux sociaux hostiles : Facebook, X, mais aussi Google, ces plateformes invisibilisent de plus en plus les médias indépendants en ligne.
- La montée de l’extrême droite : notre travail d’enquête sur le sujet nous expose et demande des moyens. Face à Vincent Bolloré ou Pierre-Edouard Stérin qui rachètent des médias pour pousser leur idéologie mortifère, notre média indépendant est un espace de résistance.
Pour toutes ces raisons, nous avons besoin de votre soutien : abonnez-vous ou faites un don à Rue89Lyon !
Chargement des commentaires…