Après le conseil régional en décembre dernier, c’est la communauté urbaine qui a voté lundi 9 janvier une aide de 70 000 euros. Au total les 140 000 euros de subvention doivent permettre d’assurer le gardiennage et la surveillance des produits inflammables sur le site de Venissieux. Et surtout le chauffage.
Pour les salariés qui occupent l’usine Veninov, il était grand temps. Cet argent permettra de rallumer la chaudière pour faire fonctionner le chauffage. Ce qui est nécessaire pour sauvegarder l’outil de travail, comme l’explique Stéphane Navarro délégué syndical CGT :
« On a des machines qui fabriquent des fibres plastiques. Dans ces machines, il y a de l’eau qui circule. Chauffer les locaux permettra de garantir que l’eau ne gèle pas. Car si ça gèle, les machines seront foutues ».
Des machines au rebut, c’est la fin des possibilités de reprise en l’état. Jusqu’à présent, les ex-salariés de l’entreprise de toiles cirées ont bénéficié d’une météo clémente. Pour passer plus tranquillement la fin de l’hiver, ils comptent sur la rapide signature par le liquidateur du contrat de gaz. Le chauffage et l’espoir reviendront, après six mois d’occupation, de jour, de l’usine.
Une aide « à caractère exceptionnel »
Lundi, le président de la communauté urbaine, Gérard Collomb (PS) a tenu à préciser que le Grand Lyon versait cette subvention à titre exceptionnel à la demande du préfet.
Malgré cette précision, les élus du groupe Synergies, les « petits maires », ont voté contre la délibération. Dans son intervention, le maire de Lissieu, Jean-Louis Schuk, a souhaité que le groupe Alkor-Venilia, propriétaire de Veninov, « présent dans 80 pays, au chiffre d’affaires d’environ 150 millions d’euros » prenne en charge la facture de gardiennage et de chauffage :
« Nous voyons que ce groupe a toutes les capacités à assurer la maintenance de l’outil de production du site de Veninov de la même façon qu’il est structuré pour délocaliser les activités de Vénissieux sur d’autres sites européens ».
Cet élu du Grand Lyon a simplement oublié dans ses recherches que le groupe ainsi que l’usine de Vénissieux ont été liquidés en juillet 2011. Depuis, le site vénissian est la propriété d’un fonds de pension américain, Gordon Brothers, qui avait prêté 9,7 millions d’euros au groupe Alkor-Venilia. En gage, il avait notamment exigé le site industriel.
Actuellement, le dossier est entre les mains de la justice et de la préfecture du Rhône, qui considère que le prêt octroyé par Gordon Brothers est irrégulier.
Des négociations sont actuellement en cours entre un repreneur potentiel, toujours le groupe autrichien Windhager-Garden et le fonds de pension. L’enjeu : la valorisation de l’outil de production, mais surtout des 6 hectares de terrain sur lesquels s’étend l’usine Veninov. De l’or foncier.

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